Pays basque: Gardes à vue, réactions politiques... Le point sur les cinq personnes arrêtées à Louhossoa

JUSTICE Le gouvernement affirme que les personnes arrêtées vendredi sont en lien avec l'organisation indépendantiste ETA alors qu'il s'agirait de militants pacifiques...

Laetitia Dive

— 

Les personnes arrêtées sont en garde  à vue au commissariat de Bayonne.
Les personnes arrêtées sont en garde à vue au commissariat de Bayonne. — Iroz Gaizka

Les cinq personnalités de la société civile basque interpellées vendredi soir dans une opération policière franco-espagnole, ont été transférées lundi matin par avion de Bayonne au Parquet antiterroriste à Paris. Vendredi, une opération policière était menée conjointement par Paris et Madrid à Louhossoa, commune proche de Bayonne. Sur place, ils ont saisi l’équivalent de 2 mètres cubes d’armes et arrêté cinq individus, dont une femme.

Tous ont été placés en garde à vue et le parquet anti-terroriste a ouvert une enquête préliminaire. Ils sont soupçonnés d’association de malfaiteurs terroriste et infractions sur la législation, sur les armes et les explosifs en bande organisée, en relation avec une entreprise terroriste. Ils ont été

  • Qui sont ces cinq personnes ?

D’après le Ministère de l’Intérieur, elles ont toutes un lien avec l’organisation armée basque ETA. Pourtant, elles assurent le contraire, expliquant s’être réunies pour détruire ces armes.

>> A lire aussi : ETA: Une opération franco-espagnole contre une cache d'armes tourne à l'imbrioglio

Toutes proviennent de la société civile. Parmi elles, on trouve un militant écolo, un syndicaliste agricole, un viticulteur et deux journalistes. « Leur arrestation suscite beaucoup d’incompréhension car ils ne sont pas connus pour avoir des liens avec l’ETA. Ce sont des personnalités appréciées, qui voulaient participer à un processus de paix », explique Max Brisson, président du groupe Les Républicains dans les Pyrénées-Atlantiques.

  • Pourquoi voulaient-ils détruire les armes eux-mêmes ?

Il y a cinq ans, l’organisation terroriste basque ETA annonçait un cessez-le-feu après une cinquantaine d’années de lutte armée et la mort de près de 800 personnes. Mais depuis, leurs armes sont toujours dans la région, ce qui enraye le processus de paix.

« Les gouvernements français et espagnols refusent la remise organisée et supervisée des arsenaux militaires, raconte Jakes Bortayrou, figure du mouvement autonomiste Eh Bai. Face à cette situation, les militants ont pris l’initiative de détruire eux-mêmes les armes ».

  • Que leur est-il reproché ?

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a expliqué qu’« en matière de terrorisme, toutes les preuves doivent pouvoir concourir à la justice. Personne n’a le droit de se proclamer destructeur d’armes et éventuellement de preuve ».

Cet argument est critiqué par les politiques basques de tous bords. « Ce n’était pas la meilleure méthode, concède Max Brisson. Mais en existe-t-il une autre ? Le gouvernement fait la sourde oreille depuis des années concernant ce processus de désarmement ».

>> A lire aussi : Bayonne: Des milliers de manifestants après l’opération contre l’ETA

Samedi dernier, l’élu a participé à une manifestation qui rassemblait 4000 personnes à Bayonne. Tous demandent « la liberté pour les artisans de la paix ». Un nouveau rassemblement devrait avoir lieu ce lundi alors que les cinq individus sont toujours en garde à vue. Le monde politique a aussi largement réagi sur les réseaux sociaux :

>> A lire aussi : Bayonne: Une suspension de peine refusée à un ancien dirigeant de l'ETA, gravement malade