Bordeaux: «La moitié des poids lourds» devrait être privée d’un sens de circulation au Taillan-Médoc

INTERVIEW Le préfet de la Gironde a donné un avis défavorable à la demande de la ville du Taillan qui souhaitait interdire les camions sur sa commune, mais étudie la possibilité de réduire cette circulation à un seul sens...

Propos recueillis par Mickaël Bosredon
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La maire du Taillan, Agnès Versepuy, prend la parole lors de la journée sans voiture, le 4 décembre 2016
La maire du Taillan, Agnès Versepuy, prend la parole lors de la journée sans voiture, le 4 décembre 2016 — Ville du Taillan

Dans l'attente d'une déviation routière sans cesse repoussée, la maire du Taillan-Médoc, Agnès Versepuy, avait demandé en octobre au préfet une interdiction des poids-lourds sur sa commune. Sa demande a été rejetée, mais le préfet accepte d'étudier des solutions alternatives. Agnès Versepuy a répondu aux questions de 20 Minutes.

Que vous a répondu le préfet après votre demande d'interdiction des poids lourds sur votre commune ?

Il nous a signifié sa réponse dans un courrier daté du 9 décembre. Sans surprise, il a donné un avis défavorable à cette demande. En revanche, il est d'accord pour mettre à l'étude un sens de restriction de circulation. Pour nous, l'idéal serait de conserver le sens de circulation sud-nord, et de dévier les camions circulant dans le sens nord-sud.

Etes-vous satisfaite ?

Si je lis bien ce courrier, la décision de dévier la moitié des poids lourds est prise, donc oui c'est une satisfaction, car nous avons obtenu quelque chose, et il est vrai que le croisement des 1.500 camions circulant dans les deux sens chaque jour, est un souci sur l'avenue de Soulac, pas adaptée pour recevoir un flux aussi important de poids lourds.

Cette décision entrera en vigueur bientôt ?

C'est toute la question et je peux vous assurer que nous serons très vigilants sur le calendrier. Le préfet souhaite une concertation préalable avec les communes autour du Taillan. Soit. Et des études du conseil départemental pour un itinéraire de déviation. Mais cela ne doit pas nous amener au delà du mois de mars 2017. Si d'ici là rien n'a bougé, nous saurons nous mobiliser à nouveau, comme nous l'avons fait le 4 décembre dernier. Les habitants du Taillan en ont ras-le-bol. Mais je crois que le préfet a pris conscience de tout cela, et des dangers que représentent ces poids lourds sur notre commune.

D'autres mesures vont-elles entrer en vigueur ?

Oui, le préfet a accéder à notre demande de l'installation d'un radar fixe à la sortie de la ville, en direction du Médoc, dans les meilleurs délais. Cette portion de route va d'ailleurs passer tout prochainement de 90 km/h à 70 km/h. C'est dans ce secteur que nous avons le plus de morts donc c'est aussi une avancée importante.

Le conseil départemental a signifié qu'il allait déposer un nouveau projet d'arrêté, suite à l'annulation par le tribunal administratif du dernier en date, concernant le projet de déviation routière du Taillan. Quelle est votre position ?

Je me dis qu'on a bien fait de faire cette demande d'interdiction des poids lourds... Je reste évidemment favorable à cette déviation, mais le conseil départemental va être contraint de réaliser une étude complète sur l'espèce de papillon présente sur le tracé actuel, et qui a valu à l'arrêté d'être cassé. Cela nous amène au printemps 2018. Or, l'association de défense de l'environnement à l'origine de l'annulation de l'arrêté, la Sepanso, a déjà prévenu qu'elle attaquerait aussi le nouvel arrêté, car elle veut un autre itinéraire. Un recours qui nous amènerait début 2019. Dans le cas où l'association serait déboutée, ce qui est loin d'être gagné, cela nous fait donc une déviation mise en service pas avant 2021. Dans ces conditions, se pose la question de préparer un nouveau projet, au moins sur la partie du tracé qui pose problème. Je pense qu'il faut commencer à réfléchir à un autre projet.