Bordeaux: Bienvenue dans le «château palettes», un atelier d'artiste fait de bois

CULTURE Le lieu sera ouvert au public en septembre 2017...

Laetitia Dive

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L'artiste a construit lui-même les cinq escaliers de l'atelier.
L'artiste a construit lui-même les cinq escaliers de l'atelier. — Laetitia Dive

Il faut pousser une petite porte puis grimper un escalier pour accéder à l'atelier. Une fois en haut, on ne sait plus où regarder. Tableaux, maquettes, pots de peintures et autres objets variés sont entreposés un peu partout, du sol au plafond, y compris sur les marches qui mènent vers chaque recoin de la pièce.

L'artiste s'est installé dans cette atelier en 1992.
L'artiste s'est installé dans cette atelier en 1992. - Laetitia Dive
La couleur est ce qui prime dans le travail d'Isidore Krapo.
La couleur est ce qui prime dans le travail d'Isidore Krapo. - Laetitia Dive

Les « confitures de l’esprit »

Dans ces 100m2, Isidore Krapo a entreposé toutes ses œuvres. Diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux, l’artiste a investi le lieu en 1992. « Ici vous avez les confitures de l’esprit. Dans chaque pot, il y a des mémoires. Dedans je fais des installations. J’en ai un qui a été fait lors de la Coupe du Monde 1998, un autre quand j’ai voyagé au Venezuela… »

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Tous sont alignés dans une grande armoire. « Ils sont étiquetés, cachetés, numérotés ». Certains ont été vendus à des amateurs d’art. Au-dessus, sur la mezzanine, des tableaux aux couleurs vives sont disposés les uns à côté des autres. « Celui du milieu représente Pujols », une commune voisine.

Des palettes du marché des Capucins

Au-delà des œuvres diverses, ce qui interpelle ce sont les escaliers de bois qui mènent à différents étages dans cette pièce haute de 9 mètres. « Tout est fait avec de la palette bio récupérée au marché des Capucins », raconte l’artiste. « C’était un atelier un peu vétuste. Au début, il n’y avait pas de mezzanines, juste un plancher fragile ».

La construction de nouveaux étages lui a permis d'entreposer plus d'oeuvres.
La construction de nouveaux étages lui a permis d'entreposer plus d'oeuvres. - Laetitia Dive

Ces travaux, Isidore Krapo les a commencés il y a un an. Au début, il souhaitait simplement faire un escalier pour mener à un nouvel étage. Mais de palette en palette, il a fini par recouvrir l’intégralité du sol… et grimper sur les murs. « Il y a cinq escaliers. C’est moi qui les ai tous faits, il n’y en avait aucun au départ. »

Un vendeur des Capucins lui garde les palettes pour son atelier.
Un vendeur des Capucins lui garde les palettes pour son atelier. - Laetitia Dive

Pas de commission

L’objectif, c’est d’exploiter le lieu au maximum. Car dans quelques mois, l’artiste compte rouvrir son atelier au public, chose qu’il faisait dans le passé : « Pendant dix ans, j’ai reçu ici un artiste différent chaque mois. Il exposait ses œuvres. Il y a toujours eu beaucoup de monde, c’était une époque où il n’y avait pas beaucoup de galeries à Bordeaux donc j’en ai bénéficié. » Aucune commission ne lui est versée sur les œuvres vendues.

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Mais en 2010, il décide d’arrêter ces événements pour diverses raisons personnelles. « J’ai envie de reprendre », explique aujourd’hui Isidore Krapo qui a prévu d’ouvrir ce qu’il appelle son « château palettes » en septembre 2017. « La première exposition sera réalisée avec un collectif de Vilnius ». En attendant, il expose certaines de ses œuvres jusqu’au 3 janvier à La Machine à Musique, rue du Parlement Sainte-Catherine.

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