Bordeaux: La métropole investit 70 millions d’euros pour développer l’usage du vélo

TRANSPORTS La métropole bordelaise vient de voter un plan d’ampleur pour développer les infrastructures et les places de stationnements dévolus aux deux-roues, d’ici 2020…

Elsa Provenzano

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Un parking à vélo à Copenhague, capitale incontestée de la petite reine.
Un parking à vélo à Copenhague, capitale incontestée de la petite reine. — ANGOT/SIPA

Bordeaux se situe au 8e rang du classement Copenhagenize 2015, qui évalue les villes les plus adaptées à la pratique du vélo, seulement devancée par Strasbourg et Nantes en France. Elle espère rejoindre le peloton de tête à grands coups de pédales à l’aide d’un investissement de 70 millions d’euros d’ici 2020.

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Après un premier plan vélo lancé en octobre 2012 par la métropole, un deuxième vient d’être adopté par l’institution. Le premier a permis des « améliorations incontestables » selon Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de Bordeaux. Sur les dix premiers mois de l’année 2016, la pratique du vélo a augmenté de 12 %, c’est le mode de déplacement qui progresse le plus vite sur le territoire. Il existe 1.260 kilomètres de voies aménagées pour les cyclistes, contre 650 en 2012.

500.000 euros pour le stationnement des vélos

« On investira chaque année 500.000 euros pour le stationnement des vélos, car il faut bien le reconnaître, on est un peu débordé », annonce Alain Juppé. « Le stationnement c’est très important, c’est l’une des premières raisons avancées par ceux qui ne font pas de vélo », note Eric Leroy, administrateur de l’association Vélo-Cité, qui pointe aussi la nécessité d’inciter les bailleurs à prévoir des parkings à vélos dans leurs résidences.

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11,5 millions pour des « autoroutes vélos »

Dans le but de favoriser des trajets d’une dizaine de kilomètres de la périphérie vers Bordeaux et de périphérie à périphérie, un réseau de pistes performant doit être aménagé pour 2,5 millions d’euros en 2017 et pour 9 millions d’euros de 2018 à 2020. Ce réseau express s’inspire des aménagements réalisés à Copenhague et à Strasbourg, deux villes qui ont fait une grande place aux cyclistes.

« On attend un cahier des charges précis sur ce dossier, commente Eric Leroy. Par exemple, les bandes étroites sur les boulevards ne suffisent pas, le revêtement de la piste Bordeaux-Lormont est défoncé et elle n’est pas éclairée la nuit donc impraticable. On attend les premières mesures concrètes. »

10 nouvelles stations Vcub par an

Quelque 18,5 millions d’euros sont dévolus au développement de ce vélo en libre-service. Dix nouvelles stations devraient ouvrir chaque année, « en privilégiant les lieux à fort potentiel ou la complémentarité avec des stations déjà saturées », précise la métropole. Vélo-cité estime que les aménagements de liaisons cyclistes sont prioritaires par rapport à ces stations, qui accaparent « une grande part » du financement du plan.

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Fermer la piste du pont Mitterrand, une contradiction ?

Si globalement « c’est un plan ambitieux avec des moyens », commente Eric Leroy, il l’estime en contradiction avec la volonté de fermer la piste cyclable du pont François-Mitterrand, à l’occasion du remaniement d’une voie d’accès autoroutière. La construction d’une passerelle serait trop onéreuse (7 millions d'euros) mais l’association demande que des solutions techniques alternatives soient examinées.

Le secteur est très embouteillé et dans le cadre de la convention entre l'Etat et la Métropole pour la mise à deux fois trois voies de la rocade, l'Etat a demandé que ce problème d'engorgement soit réglé. Si Brigitte Terraza, vice présidente de Bordeaux-Métropole chargée des mobilités alternatives, convient que le moment est mal choisi pour cette fermeture, votée en janvier 2016 rappelle-t-elle, elle pointe aussi une piste peu fréquentée « avec seulement 230 cyclistes comptés par jour ». 

« On demande son maintien car si la voie est davantage utilisée pour le tourisme sportif, plaide Eric Leroy, elle a un avenir du côté du cyclisme utilitaire avec l’expansion de la zone, dans le cadre de l’opération Euratlantique. » L’association a lancé il y a une quinzaine de jours une pétition pour le maintien de la piste qui a recueilli plus de 2.000 signatures et elle organise une manifestation à vélo, place Stalingrad, ce samedi 10 décembre, pour se faire entendre. Pour Brigitte Terraza, le pont Jean-Jacques-Bosc, qui fait la part belle aux mobilités douces, permettra vraiment de desservir le secteur Euratlantique. Elle espère que la piste du pont François Mitterrand ne sera pas fermée avant la mise en service de l'ouvrage, prévue pour 2019-2020.