Bordeaux: Six mois avec sursis pour les infirmières poursuivies pour une erreur médicale mortelle

JUSTICE Poursuivies pour homicide involontaire l'élève-infirmière qui a injecté par erreur du chlorure de potassium à un patient et l'infirmière qui la supervisait ont été condamnées à 6 mois avec sursis. L'institut Bergonié, où a eu lieu l'accident, a été relaxé...

E.P. avec AFP

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Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Le tribunal correctionnel de Bordeaux a rendu son jugement lundi dans l’affaire de l’injection accidentelle qui a eu lieu le 10 septembre 2014 à l’hôpital Bergonié. Une infirmière et une ancienne élève infirmière, poursuivies pour homicide involontaire après la mort d’un patient auquel a été injecté un produit qui ne lui était pas destiné, ont été condamnées à six mois de prison avec sursis. L’hôpital Bergonié, centre régional anti-cancer, a lieu été relaxé.

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Bergonié relaxé

La présidente du tribunal, Cécile Ramonatxo, a suivi les réquisitions du ministère public pour cet homicide involontaire. Elle a déclaré les deux jeunes femmes « coupables », estimant que l’élève-infirmière avait été « particulièrement négligente » en prenant la seringue de chlorure de potassium et en l’injectant. Concernant l’infirmière qui l’encadrait, la condamnation ne sera pas inscrite au casier judiciaire.

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La relaxe pour l’institut Bergonié a été notamment motivée par le fait qu’il y a eu « rupture dans la chaîne d’administration du produit » par les deux femmes et que le protocole lié à l’utilisation du chlorure de potassium doit précisément se faire sans rupture de chaîne. « Le tribunal a constaté qu’il n’y avait pas de faute établie donc le tribunal a relaxé. C’est un dossier dans lequel, quel que soit le côté dramatique, quand il n’y a pas de faute, il n’y a pas de faute », a déclaré à la presse l’avocat de l’Institut Bergonié, Benoît Ducos-Ader.

« Une erreur humaine »

« Il y a une négligence, un défaut de surveillance, tout ce que l’on peut constater comme erreur humaine », a-t-il poursuivi, précisant que les parties civiles étaient « d’ores et déjà en cours d’indemnisation ».

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Le jour du drame, le patient, 62 ans, avait immédiatement fait un arrêt cardiaque après l’injection (qui était destinée à être diluée et administrée à un autre patient) sous les yeux de son épouse et de sa belle-sœur

Selon l’Institut Bergonié, les règles d’administration de ce produit ont été renforcées au sein de l’établissement, où aucun homicide involontaire n’est survenu depuis sa fondation en 1923.