Bayonne: Une tonne de cocaïne interceptée, soit «10 % de la saisie annuelle en France»

JUSTICE Le 30 novembre 2016, une saisie record d'une tonne de cocaïne a été réalisée à Bayonne et 10 personnes impliquées dans ce trafic de stupéfiants d'ampleur ont été interpellées à Bordeaux et à Biarritz...

Elsa Provenzano

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La saisie d'une tonne de cocaïne a été réalisée par l'office centrale pour le répression du trafic illicite de stupéfiants
La saisie d'une tonne de cocaïne a été réalisée par l'office centrale pour le répression du trafic illicite de stupéfiants — Parquet Inter-régional spécialisé.

C’est une affaire « exceptionnelle » par son ampleur, a souligné Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux lors d’une conférence de presse ce lundi. Une tonne de cocaïne a été saisie le 30 novembre 2016 dans un entrepôt de Bayonne, après avoir été transportée dans un avion privé en provenance de Colombie.

Saisie record de cocaïne à Bayonne.
Saisie record de cocaïne à Bayonne. - JIRS / DCPJ

Dix interpellations ont eu lieu le même jour à Biarritz et à Bordeaux. « Il est rare qu’on interpelle et qu’on saisisse en même temps », précise Marie-Madeleine Alliot.

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Parmi elles, un individu d'une « envergure particulière », qui serait « particulièrement connu pour appartenir au trafic international », a-t-elle précisé. Un million d’euros en liquide a aussi été saisi, ainsi qu’un ensemble routier style bétaillère.

Une tonne de cocaïne saisie à Bayonne après une coopération avec la DEA.
Une tonne de cocaïne saisie à Bayonne après une coopération avec la DEA. - JIRS/DCPJ

« Un réseau très aguerri »

L’enquête a démarré en mars 2016 grâce à des renseignements apportés par la DEA (Drug Enforcement Administration, office fédéral américain de lutte contre les stupéfiants) indiquant qu’une organisation criminelle cherchait à importer massivement de la cocaïne en Europe. Et précisant que la voie aérienne vers la France, à proximité de la frontière espagnole était privilégiée. L'enquête a été confiée à l'office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), sous la direction de la juridicition interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux. 

Une saisie record d'une tonne de cocaïne a eu lieu à Bayonne.
Une saisie record d'une tonne de cocaïne a eu lieu à Bayonne. - JIRS / DCPJ

« La surveillance de ce réseau a été difficile et a nécessité des moyens conséquents », a précisé le contrôleur général de police Philippe Véroni, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée à la Direction Centrale de la Police Judiciaire. Le réseau, qualifié de « très aguerri » utilisait certainement ce jet privé pour approvisionner les territoires français, espagnols et néerlandais mais l’enquête, qui est toujours en cours, devra le confirmer. C’est grâce à une coopération pénale internationale que le démantèlement de ce réseau a pu avoir lieu.

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La quantité saisie, une tonne, représente « 10 % de la cocaïne saisie annuellement en France, a souligné Philippe Véroni, les saisies françaises ont été de 7 tonnes en 2014 et de 11 tonnes en 2015 ». Le prix de gros de cette drogue se situe entre 30.000 et 35.000 euros le kilo.

Une tonne de cocaïne saisie à Bayonne après une coopération avec la DEA.
Une tonne de cocaïne saisie à Bayonne après une coopération avec la DEA. - JIRS/DCPJ

Dix individus principalement originaires d’Amérique du sud 

Sur les 10 personnes interpellées, on trouve trois personnes domiciliées en Colombie et de nationalité colombienne, quatre personnes domiciliées en Espagne dont une de nationalité colombienne et l’autre de nationalité guatémaltèque et enfin trois personnes domiciliées aux Pays-Bas, dont deux de nationalité néerlandaise et une autre de nationalité française. Elles ont été mises en examen pour importation de stupéfiants en bande organisée, pour laquelle elles risquent 30 ans de réclusion criminelle et 7,5 millions d’euros d’amende, trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs.

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L’enquête va devoir cerner les différentes responsabilités des personnes concernées, définir les bénéfices qui ont été retirés et pourrait conduire à d’autres interpellations.