Nouvelle-Aquitaine: L'érosion de la côte va s'accélérer d'ici à 2050

LITTORAL Une nouvelle étude publiée par l’Observatoire de la Côte Aquitaine affirme que le recul du trait de côte pourrait atteindre 50 mètres sur la côte sableuse aquitaine d’ici à trente ans…

Mickaël Bosredon
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Les pelleteuses renforcent le littoral à Lacanau, après les tempêtes de l'hiver 2014
Les pelleteuses renforcent le littoral à Lacanau, après les tempêtes de l'hiver 2014 — S.ORTOLA/20MINUTES

L’Observatoire de la Côte Aquitaine vient de publier une nouvelle projection de l’érosion du littoral aquitain, depuis l’estuaire de la Gironde au nord, jusqu’à la Bidassoa au sud, soit 270 km de longueur, en vue d’analyser les possibles positions futures du trait de côte.

Alors que le précédent rapport de 2011 cartographiait l’évolution du trait de côte aux horizons 2020 et 2040, celui de 2016 établit des projections pour 2025 et 2050. L’étude précédente avançait un taux d’érosion du trait de côte de 1 à 3 m/an sur la côte sableuse. Aujourd’hui, la dernière actualisation conclut à une hausse globale de ces valeurs, et fait état de reculs moyens de 2,5 m/an en Gironde et de 1,7 m/an dans les Landes.

Les forts taux d’érosion situés dans les zones d’embouchure

Sur la côte sableuse (de la Pointe du Médoc à l’embouchure de l’Adour), l’érosion chronique estimée est de l’ordre, en moyenne, de 20 et 50 mètres respectivement pour les horizons 2025 et 2050, à laquelle s’ajoute un recul lié à un événement majeur en général de l’ordre de 20 mètres.

En Gironde, les faibles taux d’érosion se trouvent à partir du sud de la commune de Lacanau jusqu’au nord de Lège-Cap-Ferret. Les forts taux d’érosion sont essentiellement situés dans les zones d’embouchure : de la Pointe de la Grave à la Pointe de la Négade (Médoc), du Cap Ferret à Biscarrosse et du Gouf de Capbreton à l’Adour.

20,6 km2 de littoral concernés, soit 1.873 terrains de football

A l’horizon 2025, la superficie du littoral exposé à l’aléa érosion sur la côte sableuse s’élève à 10,9 km2, soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km2 de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football.

Les reculs sont moins conséquents sur la côte rocheuse (de l’embouchure de l’Adour à celle de la Bidassoa). Aux horizons 2025 et 2050, les valeurs moyennes de recul sur les secteurs rocheux sont respectivement de l’ordre de 10 m et 27 m en incluant un événement de mouvement de terrain majeur.

L’hiver 2013-2014 avait durement marqué le littoral aquitain

L’hiver 2013-2014 avait, de par son caractère exceptionnel, durement marqué le littoral aquitain. Des reculs de 10 à 20 mètres avaient été enregistrés sur certains secteurs, et jusqu’à 40 mètres sur les plages de Soulac-sur-Mer dans le Médoc. Les projections de recul du trait de côte à l’horizon de 2040, établies dans un précédent rapport publié en 2011 par l’Observatoire de la Côte Aquitaine, ont ainsi été dépassées à la suite de cette succession exceptionnelle de tempêtes.

L’Observatoire de la Côte Aquitaine est chargé de suivre l’érosion et la submersion sur le littoral régional. Le BRGM ainsi que l’ONF sont les porteurs techniques du projet, financé par l’Europe (FEDER), l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine, les départements de la Gironde, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (SIBA).