Nouvelle-Aquitaine: Sous le sable, des roches, des nappes d'eau et des fossiles

GEOLOGIE A l’occasion des Journées mondiales du sol, « 20 Minutes » part à l’exploration des sous-sols de la grande région…

Mickaël Bosredon
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Plage des Landes, illustration
Plage des Landes, illustration — KONRAD K./SIPA

« Le sol, c’est ce qui fait le lien avec le monde ancien », raconte Cyrille Gréaume, garde-animateur à la réserve géologique de Saucats. Le sous-sol aquitain est composé essentiellement de formations sédimentaires, c’est-à-dire un empilement de couches qui se sont déposées par le biais des baisses et des remontées du niveau de la mer, qu'on appelle bassin aquitain.

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Fort potentiel géothermique

« Le résultat est assez hétérogène, puisque cela va des calcaires de la vallée de la Dordogne et du Bordelais jusqu’aux sables des Landes – un empilement assez récent – en passant par les couches argileuses dans le Gers et le Lot-et-Garonne », explique Pierre Bourbon, géologue au Bureau de recherches géologiques et minières Bureau de recherches géologiques et minières . « Sur plusieurs kilomètres de profondeur, le tout forme une cuvette dans son centre, et repose sur une zone de socles, les socles du Massif Armoricain et du Massif central au nord et à l'est, et la chaîne des Pyrénées au sud. Nous avons à la fois de la diversité en terme de natures de sol et d’âges. »

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Cet empilement de couches rend complexe les tentatives d'exploitation des sous-sol. « Pourtant, souligne Pierre Bourbon, « le potentiel géothermique est très important, et largement sous-exploité. » Il faut parfois forer jusqu'à plusieurs centaines de mètres, voire au-delà de 1.000 mètres, pour atteindre les nappes d'eau chaude. Quelque 50 % du territoire aquitain présente « un fort potentiel » pour la géothermie.

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La mer a laissé une grande étendue de sable formant les Landes de Gascogne

Au quaternaire (deux millions d’années), la planète a connu une période de glaciation, « entraînant des mouvements de la mer » explique Cyrille Gréaume.  L’Aquitaine n’est pas directement concernée, mais elle en subit les contrecoups. L’alternance climatique est accompagnée d’oscillations du niveau de la mer et d’une succession d’épisodes de creusement et de remblaiement.

Si les Landes sont une vaste plaine sableuse de 25 à 60 mètres de profondeur, c'est en raison de matériaux arrachés aux Pyrénées par les glaciers de l'ère quaternaire. Un phénomène renforcé il y a 20.000 ans lorsque, lors d'un des derniers épisodes de grand froid, pendant lequel la mer a baissé de niveau et laissé une grande étendue de sable.

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« Avec les vents, ce sable a investi l’intérieur des terres » détaille Cyrille Gréaume. Et voilà comment, dans le sud Gironde, s’est formée la région des Landes de Gascogne, un triangle d’1,5 million d’hectares. Si on sait qu’il repose sur un substratum calcaire, ce sable, sur plusieurs mètres d’épaisseur « nous masque aujourd’hui les fossiles plus anciens. »

La Réserve de Saucats s'étend sur 75 hectares

Au sud de Bordeaux, la Réserve Naturelle Géologique de Saucats s'étend sur près de 75 hectares, au sein du bassin sédimentaire aquitain. Les affleurements sont visibles en particulier sur les rives de deux ruisseaux : le Saucats et un affluent, le Brousteyrot.

A l'occasion des journées mondiales du sol et du climat (semaine du 5 au 11 décembre), la Réserve de Saucats organise deux après-midi de visites guidées gratuites, le mercredi 7 et le samedi 10 décembre.