Bordeaux: Jean-Luc Mélenchon qualifie de «coup d'Etat social» le projet de Fillon

POLITIQUE Le candidat de la France insoumise a rassemblé plus de 2.000 personnes lors de son meeting au Fémina, à Bordeaux...

E.P. avec AFP

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Le candidat de la France Insoumise était en meeting au Fémina à Bordeaux le 29 Novembre. //AMEZUGO_melenchon-9/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1611301052
Le candidat de la France Insoumise était en meeting au Fémina à Bordeaux le 29 Novembre. //AMEZUGO_melenchon-9/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1611301052 — SIPA

Salle comble au Fémina mardi soir pour le meeting du candidat de la France insoumise  à la présidentielle  Jean-Luc Mélenchon. Et environ 600 personnes ont dû rester dans la rue suivant son discours via des haut-parleurs. Le candidat de gauche s’est livré à une attaque en règle du programme du candidat de la droite, François Fillon, qui prépare selon lui un « coup d’Etat social ».

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Le projet du vainqueur de la primaire à droite tient pour lui à la fois « du libéralisme économique le plus absolu et du conservatisme intellectuel et moral le plus total ». Jean-Luc Mélenchon s’est attardé sur la « Blitzkrieg » (« guerre éclair »), via ordonnances, vote bloqué, 49.3, pour changer le « climat de l’économie, le climat du travail » qu’a promis François Fillon pour ses premiers mois s’il est élu président, lors d’une rencontre en mars avec des patrons, au cercle de réflexion libéral Fondation Concorde. Rencontre dont des extraits ont été diffusés au meeting.

Le programme de Fillon, « un recul jusqu’aux années 1900 »

« Contre qui compte-t-il faire une guerre éclair ? Puisqu’il compte faire la guerre ? C’est une guerre sociale qu’il prépare et il l’a dit ! », a lancé Jean-Luc Mélenchon. « Quand vous défaites toutes les lois et que vous le faites passer en force, et que vous vous en vantez (…) 'je vais passer en force, il n’y aura même pas de pause pendant l’été', c’est un coup d’Etat social ! ».

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Fin de la durée légale du travail, réforme de l’assurance-chômage, de la couverture santé, fin du CDI… le dirigeant de La France insoumise a passé en revue les mesures de François Fillon, tantôt les qualifiant de « recul jusqu’aux années 1900, avant les premières définitions de durée légale du travail ». Tantôt les tournant en dérision, tel le focus de l’assurance-maladie sur la prise en charge des « affections graves et de longue durée ».

« Personne ne lui a expliqué que quand on est  'un peu malade' et qu’on peut se soigner, on ne devient pas 'très malade', mais que si on ne se soigne pas, on devient très malade ? », a-t-il ironisé.

Il a écarté sa participation à une primaire à gauche

Dans son long discours, Jean-Luc Mélenchon a à peine évoqué le chef de l’Etat et pas une fois le chef du gouvernement. Il est brièvement revenu sur la primaire à gauche, à laquelle maintes voix à gauche l’invitent à participer, pour mieux balayer cette hypothèse : « Ce n’est pas la solution, cette histoire. La seule solution, c’est convaincre », a-t-il dit. « Ne croyez pas que vous allez convaincre des millions de Français avec une combine (…) une vaine agitation qui va durer trois semaines, où des gens vont se jeter des noms d’oiseaux et regarder dans les sondages qui a la plus grande chance d’être le moindre mal ».