Bordeaux: Relaxe pour l'ancien patron du PS en Gironde, jugé pour harcèlement moral

JUSTICE Le tribunal a relaxé ce mardi Ludovic Freygefond, ancien maire du Taillan-Médoc qui était poursuivi pour avoir harcelé de messages amoureux son ancien directeur de cabinet...

Elsa Provenzano

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Ludovic Freygefond, ancien Premier Secretaire Federal du PS en Gironde. Photo : Sebastien Ortola
Ludovic Freygefond, ancien Premier Secretaire Federal du PS en Gironde. Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

« Il est très heureux, cela a été un tel combat et il ressentait un tel sentiment d’injustice », a réagi maître Jean Gonthier, l’avocat de Ludovic Freygefond, l’ancien secrétaire départemental du PS en Gironde qui a été relaxé en appel ce mardi, pour des faits de harcèlement moral.

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« Je me félicite de voir la vérité éclater »

« Ces derniers mois ont été très difficiles, sali par des accusations outrancières, et je me félicite de voir la vérité éclater au terme de ce long combat judiciaire. En ce moment particulier, je pense également à mes proches, dont la délivrance sera aussi grande que la mienne », écrit Ludovic Freygefond dans un communiqué envoyé à la presse.

Il a été jugé en première instance le 25 mars 2015 et condamné à un an de prison avec sursis et deux ans de privation de ses droits civiques. Son ancien directeur de cabinet Alexandre Metzinger, 25 ans à l’époque, avait porté plainte pour harcèlement moral, après avoir reçu 438 mails dans lesquels l’élu girondin déclarait son transport au jeune collaborateur, entre septembre 2009 et mars 2012.

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« Un retour au droit »

Son procès en appel qui s’est tenu le 26 octobre 2016 a montré, selon son avocat maître Jean Gonthier qu’il n’y avait pas « d’altération des conditions de travail » du directeur de cabinet et que celui-ci était même rentré dans le jeu de séduction. « Il avait sa part, il ne lui a jamais dit d’arrêter », estime le conseil. S’il l’a poursuivi assidûment c’est qu’il était « prisonnier de sentiments » le concernant et cela ne constitue pas « un harcèlement au sens juridique », souligne maître Gonthier. La décision de la cour d’appel lui semble donc « un retour au droit ».

Quand il démissionne en mars 2012, le jeune directeur de cabinet ne fait pas état de cette situation, pointe l’avocat. Et, en trois ans, ajoute-t-il, aux côtés de Ludovic Freygefond, il n’est en arrêt maladie que deux fois pour asthénie, ce qui s’explique par la très grosse charge de travail qui incombe à tous les directeurs de cabinet.

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En janvier 2016, un jugement en appel a condamné l'ancien maire du Taillan à 18 mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité dans une autre affaire dans laquelle il est poursuivi pour corruption passive et prise illégale d’intérêt. Il lui est reproché d’avoir joué de son statut d’élu pour acheter à un tarif préférentiel un terrain sur lequel il a fait construire une maison. Un pourvoi en cassation est en cours dans ce dossier.