«L'échec d'Alain Juppé à la primaire n'a pas de répercussions sur sa légitimité à Bordeaux»

POLITIQUE Le politologue Bordelais Jean Petaux estime que le retour du maire de Bordeaux sur ses terres éteint les ambitions concurrentes...

Elsa Provenzano
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Alain Juppé vient voter au second tour de la primaire avec sa femme Isabelle et sa fille Clara, à Bordeaux, le 27 novembre 2016.
Alain Juppé vient voter au second tour de la primaire avec sa femme Isabelle et sa fille Clara, à Bordeaux, le 27 novembre 2016. — SIPA

Après son échec à la primaire de la droite dimanche, Alain Juppé a déclaré qu’il allait se consacrer « pleinement » à sa ville de Bordeaux. « Son échec à la primaire n’a pas de répercussions sur sa légitimité à Bordeaux et à la Métropole, assure Jean Petaux, politologue enseignant à Sciences Po Bordeaux. Il est un peu dans la situation de Jacques Chaban-Delmas en 1974 quand il a été battu au premier tour de la présidentielle contre Valéry Giscard d’Estaing ».

Certains dans son opposition municipale s’interrogent sur son intérêt vis-à-vis des affaires Bordelaises après deux ans de campagne nationale, et des sondages qui l’ont présenté comme favori et incité à se projeter comme candidat à la présidentielle. « Humainement c’est forcément compliqué pour lui, il faut se remotiver, retrouver de l’appétit. Mais, même si l’opposition ironise, Alain Juppé n’est pas un dilettante, il a suffisamment de fierté et de surmoi pour faire les choses le plus sérieusement possible ».

Juppé, incontesté pour le moment

Virigine Calmels, l’ancienne patronne d’Endemol France, devenue première adjointe au maire de Bordeaux devait lui succéder en cas de victoire. Elle n’a encore rien annoncé au lendemain de la défaite d’Alain Juppé, expliquant qu’elle devait « en discuter tranquillement avec lui ».


« Il y en a quelques-uns et quelques-unes qui se préparent dans la perspective de l’après-Juppé. Mais temps que c’est lui, ça éteint les ambitions concurrentes. Elles sont renvoyées à des temps futurs. Sa présence a un effet masquant », estime Jean Petaux. Pour le politologue, « le premier rendez-vous révélateur ce sera les législatives, en 2017 ». La question se posera alors de l’union ou pas avec le Modem. Si elle ne s’est pas révélée une stratégie gagnante au niveau nationale, le spécialiste estime que la situation est très différente localement, dans le sud-ouest : « il existe une alliance très large de la droite au centre droit voire au centre gauche ».

Une pression à prévoir de la part des Fillonistes ?

Après l’adoubement de Fillon à la primaire, est-ce que ses supporters vont avoir davantage de revendications en terres girondines ? La 2e circonscription, la plus centrale, sera « un premier test pour savoir si Alain Juppé arrive à garder la main sur l’investiture », estime Jean Petaux.

Le conseiller municipal Edouard du Parc, ancien leader de la Manif pour tous en Gironde et Filloniste, brigue cette 2e circonscription sur laquelle Virginie Calmels a été investie. Il va falloir que le message de François Fillon « soit relayé fidèlement » pour ainsi « rééquilibrer les forces », souligne-t-il. Vis-à-vis du centre, il estime qu’il sera possible d’associer celui qui « voudra suivre le programme » (de François Fillon) et qu’il faudra laisser « le centre versatile ».