Bordeaux: Un procès après une erreur médicale qui a entraîné la mort d'un patient

JUSTICE Deux soignantes sont jugées ce jeudi à Bordeaux pour homicide involontaire après le décès le 10 septembre 2014 d’un patient de l’hôpital Bergonié…

E.P.
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Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 5 janvier 2012. - Institut Bergonie, centre regional de lutte contre le cancer. - Photo : Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Le 10 septembre 2014, un sexagénaire hospitalisé à , est décédé après l’injection d’un médicament qui ne lui était pas destiné. L’étudiante infirmière qui lui a administré et l’infirmière qui encadrait celle-ci lors de son stage sont jugées ce jeudi par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour homicide involontaire. Elles encourent jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.

La victime, un homme de 61 ans qui venait d’être admis au sein du service de soins palliatifs, a reçu une dose de chlorure de potassium, prescrite à un autre patient, au lieu de corticoïdes. Deux seringues se trouvaient à disposition de l’élève-infirmière et si les emballages sont étiquetés pas les seringues. Elle a donc confondu les deux injections.

L’autopsie a confirmé que l’injection était responsable du décès

« Cette élève infirmière, accompagnée d’une infirmière qui dirigeait son stage, s’est rendu compte de son erreur, puisque le patient a très vite eu des difficultés respiratoires et il a perdu connaissance. S’en est suivi un arrêt cardiaque et il est décédé très rapidement », expliquer la procureure Marie-Madeleine Alliot, au lendemain du drame. Les deux prévenues ont reconnu les faits, qui se sont produits en présence de deux membres de la famille de la victime.

L’autopsie a confirmé que la mort avait été causée par l’injection de chlorure de potassium, une substance létale lorsqu’elle n’est pas diluée. L’établissement hospitalier qui a mené une enquête interne a précisé qu’il n’y avait pas de problème de manque de personnel ce jour-là, 

La famille de la victime a affirmé avoir porté plainte non pas pour jeter le discrédit sur l’hôpital, mais pour avoir accès à toutes les pièces du dossier.