Bordeaux: Le Belem va t-il confier sa maintenance aux entreprises locales?

ECONOMIE Le groupement d'intérêt économique (GIE) bordelais qui rassemble six entreprises a pu participer in extremis à l'appel d'offres lancé par Le Belem, qui doit donner sa réponse d'ici la fin du mois de novembre...

Elsa Provenzano

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Arrivée du Belem à Bordeaux le 14 août 2014
Arrivée du Belem à Bordeaux le 14 août 2014 — M.BOSREDON/20MINUTES

« C’est le coup à ne pas rater », estime Philippe Dorthe, conseiller régional (PS) membre du conseil de surveillance du port de Bordeaux. Décrocher le chantier de maintenance du Belem, serait pour le groupement d’intérêt économique (GIE) locale de construction navale, formé il y a un an, un très beau démarrage de son activité. Mais des soucis techniques ont failli même l’empêcher de pouvoir participer à l’appel d’offres lancé par le Belem et dont l’issue sera dévoilée à la fin du mois de novembre.

Une des deux formes de radoubs des Bassins à flots à Bordeaux où pourraient être réparés des yachts, d'ici à l'automne 2?013
Une des deux formes de radoubs des Bassins à flots à Bordeaux où pourraient être réparés des yachts, d'ici à l'automne 2?013 - S.ORTOLA/20MINUTES

Depuis le mois de juin, le bateau-porte de la forme de radoub (cale sèche) des Bassins à flot ne fonctionne plus. Or sans elle, impossible de vider la cale sèche et le chantier du Belem doit impérativement se faire à sec. Un coup dur pour le GIE qui rassemble six entreprises locales et qui avait renoncé a participé à l’appel d’offres.

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Un manque d’anticipation ?

Finalement, après « une pression » exercée par plusieurs élus locaux, rapporte Philippe Dorthe, une solution provisoire a été trouvée par le port. Un batardeau, sorte de petit barrage artificiel sera installé pour permettre la tenue du chantier. Le GIE a envoyé in extremis sa candidature et croise les doigts pour qu’on lui attribue ce chantier qui lui accorderait une belle visibilité. La venue du trois-mâts était prévue et la panne du bateau-porte remonte au printemps mais « il y a eu un raté du côté du port, au niveau du phasage », estime Le conseiller régional.

Dans les années 1900 des voiliers étaient pris en charge dans les formes de radoub des bassins à flot.
Dans les années 1900 des voiliers étaient pris en charge dans les formes de radoub des bassins à flot. - Collection Jean Michel Obercht

Si Didier Bernardet, le coordinateur du GIE, estime que ce manque d’anticipation est « assez regrettable », il rappelle aussi que cela fait plusieurs années que les formes de radoub ne fonctionnent plus et qu’il n’est pas étonnant « qu’il ait quelques soucis lors de la remise en service ». Le chantier, s’il se fait à Bordeaux, devrait durer quatre semaines, entre début janvier et mi-février.

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« La manœuvre sera plus longue avec le batardeau. Il faut en gros une journée pour faire rentrer un bateau dans la forme à l’aide d’un bateau-porte, et entre 4 à 5 jours avec un batardeau », pointe Didier Bernardet. Sinon pas d’impact sur le chantier en lui-même qui comprendra beaucoup de petits travaux : sur les cuves, les soutes, la coque, les moteurs. Il y a aussi des travaux de retouches de peinture au programme. Si le GIE est qualifié pour mener le chantier, Didier Bernardet reste prudent sur l’issue de l’appel d’offres.

« Ce serait une bonne publicité pour le chantier naval et cela aurait des retombées positives sur l’image du port », s’enthousiasme Philippe Dorthe. Le bateau-porte pourrait lui être acheminé au printemps 2017 vers Bassens pour y être remis en état.