Le championnat du monde du billard 3 bandes, c’est en ce moment à Bordeaux… mais c'est quoi?

SPORTS 48 participants de 24 pays s’affrontent jusqu'à samedi...

Laetitia Dive

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Il faut trois billes pour jouer au billard 3 bandes.
Il faut trois billes pour jouer au billard 3 bandes. — Georges Gobet

Pour la deuxième année consécutive, Bordeaux accueille le Championnat du monde de billard 3 bandes. Et contrairement à celui qu’on pratique entre copains dans certains bars, il y a des règles bien précises. On vous explique en quoi ça consiste.

Qu’est-ce que le billard 3 bandes ?

Il s’agit d’une variante du billard français ou « billard carambole ». Ok, jusque-là, ça ne nous avance pas. Concrètement, il se pratique avec trois billes. Une rouge, également appelée la carambole, ainsi que deux billes (blanche ou jaune) : chacune est attribuée à l’un des deux joueurs.

Pour marquer des points, la bille du joueur doit toucher les deux autres avec sa bille après avoir atteint les bandes au moins trois fois. Du coup, contrairement au billard américain, mieux connu du grand public, pas besoin de trous dans la table. Une partie se joue en 40 points et se joue en 90 minutes environ. Les joueurs disposent de 40 secondes pour effectuer chaque coup.

En quoi est-ce un vrai sport ?

Car oui, ça en est un. Et même Albert Einstein le dit : « Le billard est l’art suprême de l’anticipation. Ce n’est pas seulement un jeu, mais d’abord et avant tout un sport exigeant qui requiert des nerfs, le raisonnement logique d’un joueur d’échecs et la main assurée d’un pianiste de concert. »

Tout comme le football ou le tennis, le billard a donc sa Fédération et compte 15.500 licenciés en France, répartis dans 600 clubs. Son président Jean-Paul Sinanian l’affirme, la discipline répond à la définition du sport : « Il faut maîtriser un geste technique, supporter la compétition, l’émotion du jeu… »

Qui le pratique ?

« En Corée du Sud, ce championnat est diffusé sur la plus grande chaîne de sport nationale entre le baseball et le football », raconte Xavier Carrer, gérant de la société Kozoom Multimédia, diffuseur et co-organisateur du championnat mondial à Bordeaux. En Corée du Sud, le sport s’est en effet beaucoup popularisé : le pays compte environ 40.000 clubs.

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Et alors que la discipline explose en Asie et en Amérique du Sud, elle se pratique moins en Europe. Parmi les professionnels mondiaux, « la nouvelle génération d’Asie risque de détrôner la génération européenne prochainement », estime Xavier Carrer.

Qu’en est-il en France ?

Depuis quatre ans, la Fédération a mis en place une politique de formation et essaie d’attirer la jeunesse dans les clubs. Car la pratique du billard avait tendance à décroître fortement dans l’Hexagone, lieu qui a vu naître la discipline. « Autrefois, les billards étaient dans tous les cafés mais ils ont progressivement disparu », regrette Jean-Paul Sinanian.

L’objectif est donc de le remettre au goût du jour : « Tout le monde sait ce qu’est un billard et y a déjà joué ». Au niveau professionnel, la France est plutôt bien représentée pour ce championnat du monde : sur 48 joueurs, six sont Français. Quatre se sont d’ailleurs qualifiés pour les huitièmes de finale, dont le Girondin Marc Boingneres.

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