Arcachon: 50.000 bernaches cravants viennent s'installer sur le bassin

ANIMAUX Cette espèce d’oie sibérienne a fait du bassin d’Arcachon son nid principal pour la période hivernale. Un festival lui est consacré par la LPO…

Mickaël Bosredon

— 

Une bernache cravant
Une bernache cravant — Daniel Godinou

A ne pas confondre avec la grue cendrée, que l’on voit chaque automne passer au-dessus de Bordeaux, et qui migre vers les Landes de Gascogne. La bernache cravant pose, elle, ses pattes sur le bassin d’Arcachon chaque hiver. Pour arriver jusqu’à ce doux nid, elle parcourt 6.000 kilomètres depuis la Sibérie.

>> A lire aussi : De la bouse de vaches marines pour restaurer l'écosystème des marais girondins

Cette petite oie est même devenue le symbole du bassin. A tel point que la LPO, Ligue de protection des oiseaux, lui consacre désormais un festival. La troisième édition aura lieu cette année du 19 au 27 novembre. Outre des sorties, à pied ou en bateau, pour observer l’espèce, des rencontres littéraires et des expos photos seront proposées.

« Elles sont de plus en plus nombreuses à choisir le bassin »

« La bernache cravant affectionne le bassin en raison de la présence de zostera, une plante aquatique, et parce que c’est un endroit bien abrité », explique Mathieu Sannier, organisateur du festival. Quelque 50.000 oiseaux, soit un tiers de la population sibérienne, se posent ainsi en Gironde chaque hiver.

>> A lire aussi : Après 4 ans de fermeture au public, la belle île Nouvelle, rendue à la nature, se dévoile

« La population sur le bassin a été en augmentation constante depuis les années 1970 jusqu’en 2010, poursuit Mathieu Sannier, et on enregistre une certaine stabilité ces dernières années. Cela ne veut pas dire que la population globale des bernaches grossit depuis quarante ans, mais plutôt qu’elles sont de plus en plus nombreuses à choisir le bassin, l’endroit le plus méridional de leur migration. »

Elles parcourent 6.000 km en deux à trois mois

Les deux autres tiers de l’espèce s’installent tout le long de la côte européenne, jusqu’au Danemark. Le vol de migration, qui s’effectue uniquement au-dessus du littoral, se fait tranquillement, en deux ou trois mois.

>> A lire aussi : Les prés salés d'Arès, une richesse de biodiversité

Mais personne n’y coupe, pas même les plus jeunes. « Les individus nés cette année en Sibérie, généralement au printemps, apprennent à voler en août/septembre et sitôt après effectuent les 6.000 km. C’est remarquable. » Des jeunes que l’on pourra facilement distinguer, grâce à la lisière claire qu’ils arborent sur le dessus. « Cela permet de repérer les groupes familiaux. »

La bernache cravant repartira dès le mois de janvier en Sibérie. « Il y a quelques années, c’était plutôt en février-mars, note Mathieu Sannier, mais on ne s’explique pas encore ce phénomène, impossible donc de le lier pour l’instant au réchauffement climatique. »

Festival de l’oie bernache, du 19 au 27 novembre.