Primaire à droite: « Je suis exaspérée par la Juppémania », les Bordelais de gauche n’en peuvent plus

POLITIQUE Alors que le maire de Bordeaux tient un grand meeting régional ce mercredi, au Palais des congrès, «20 Minutes» a demandé aux Bordelais qui votent à gauche leur avis sur ce candidat qu'ils connaissent bien...

Elsa Provenzano

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Le maire (LR) de Bordeaux est candidat à la primaire de la droite et du centre, dont le premier tour est organisé le 20 novembre./ AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT
Le maire (LR) de Bordeaux est candidat à la primaire de la droite et du centre, dont le premier tour est organisé le 20 novembre./ AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT — AFP

Alain Juppé, le maire (Les Républicains) de Bordeaux, fait partie des sept candidats à la primaire de la droite et du centre dont le premier tour se tient le 20 novembre. Elle est ouverte à tous les électeurs, sous réserve de verser deux euros par tour de scrutin et d’adhérer aux valeurs de la droite et du centre en signant une charte. Ce mercredi, Alain Juppé tient un grand meeting régional dans la perspective de cette élection, au Palais de congrès de Bordeaux.

20 Minutes a demandé aux Bordelais de gauche quel regard ils portaient sur la candidature de leur maire qu’ils évoquent souvent comme un rempart contre le candidat Sarkozy.

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La tentation du barrage anti-Sarkozy

« Je lui reconnais d’être un républicain et j’ai été vraiment traumatisé par le mandat de Sarkozy », affirme Baptise, 25 ans, militant socialiste. Du point de vue des « relations entre les communautés », avec l’option Alain Juppé « on éviterait le pire », selon lui. Sur le volet de l’économie il ne partage pas du tout ses convictions et ne s’imagine pas « cautionner ce programme » en participant à la primaire. « Mais, il y a des gens de gauche qui vont y aller au second tour pour faire barrage à Sarkozy, qui se sert de cette élection pour remobiliser sa base », assure-t-il.

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Marie, 34 ans, a hésité un moment mais n’ira finalement pas voter à cette primaire. Elle rapporte que certains parlent d’une stratégie consistant à voter pour Juppé afin de le faire gagner face à Sarkozy et alors que d’autres estiment qu’il faut voter en faveur de Sarkozy, car il n’a aucune de passer par la suite. « Je ne suis plus beaucoup cette primaire, je me suis plutôt tournée vers celle organisée par des candidats citoyens sur laprimaire.org », ajoute la trentenaire.

« Il est sans doute moins excité que Sarkozy mais sur les idées, on n’est jamais vraiment éloigné. Il a un positionnement très libéral et la politique sociale est quasi inexistante », estime Fabienne, 48 ans.

Son bilan à Bordeaux ne les convainc pas

« J’ai dû mal à imaginer une transposition du bilan de Juppé au niveau national, lance Marie. Les transformations qu’il a opérées sont essentiellement urbanistiques, je n’en ai pas vu d’autres. » « Il y a un consensus à gauche et à droite sur le fait qu’il ait transformé le lien des Bordelais à leur ville », retient Baptise, ajoutant immédiatement que beaucoup de problèmes existent aussi. Il évoque notamment « l’endettement non maîtrisé de la ville » pour des investissements de prestige, au détriment des équipements publics de proximité. « Et il y a aussi beaucoup de choses qui ont été faites par la communauté urbaine de Bordeaux, alors qu’elle était gérée par la gauche », lance-t-il.

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« Je suis exaspérée par la Juppémania », lâche Fabienne qui « n’a même pas pensé » à voter à la primaire. Dans le même esprit, Caroline, 44 ans, « laisse la droite se débrouiller toute seule ». Et, beaucoup le disent, ils ne participeront pas car ils n’aimeraient pas que des électeurs de droite s’invitent à une primaire de gauche, dans un esprit de sabordage.