Limoges: Les « familles d'accueil » mobilisées après le suicide d'une collègue

SOCIETE La profession s'est réunie mardi à Limoges devant le Conseil départemental de la Haute-Vienne pour dénoncer ses conditions de travail...

E.P. avec AFP

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Google map de Limoges.
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Une centaine d'assistants familiaux (les familles d'accueil) se sont réunis mardi à Limoges devant le Conseil départemental de la Haute-Vienne, pour dénoncer leurs conditions de travail et rendre hommage à une collègue qui s'est suicidée au mois de septembre 2016, après avoir été violemment agressée par un adolescent placée chez elle. 

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Vive émotion dans la profession

Agée de 51 ans, cette assistante familiale, mère de deux enfants, exerçait depuis 25 ans lorsqu'elle a été violemment agressée par un jeune garçon de 17 ans placé depuis en novembre 2014 à son domicile.

Selon ses collègues et des représentants du syndicat FSU, majoritaire au sein de la fonction publique territoriale dans le département, l'assistante familiale, qui avait déposé plainte, avait dû parallèlement batailler six mois pour faire reconnaître son agression comme accident du travail et défendre ensuite son agrément. En dépression, elle avait perdu la majorité de ses revenus et avait été contrainte de quitter son domicile. Elle s'est suicidée en septembre 2016, selon les mêmes sources.

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« Cette affaire a déclenché une vive émotion dans la profession. Cela illustre la souffrance de nos collègues et la façon dont ces agents sont abandonnés » par les collectivités, a réagi Corinne Aumaitre, une ancienne collègue, élue FSU.

Une lettre ouverte à François Hollande

Pour Daniel Clérembaux, secrétaire national de la FSU, « ce n'est pas que les enfants sont plus durs aujourd'hui, c'est que dans les années 80 on plaçait les enfants plus tôt ». « Il faut trouver un juste milieu », explique-t-il. « Aujourd'hui, les enfants vont chez les assistants familiaux non pas en placement préventif, mais en placement curatif », déplore-t-il.

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« Il est grand temps que nous soyons reconnus comme étant un métier à risques, que l'on cesse de faire de nous des employés précaires, que nous puissions bénéficier d'une réelle convention collective nationale (...) et enfin que nous bénéficions de la présomption d'innocence face aux trop nombreuses accusations infondées », réclament les assistants familiaux dans une lettre ouverte au président François Hollande.

« 99% des dénonciations faites par les enfants sont sans fondement », assure Daniel. Clérembaux, qui demande « un accompagnement global pour des métiers particulièrement exposés ».