Béarn: Une enquête pour abus de vulnérabilité dans une communauté religieuse

FAITS DIVERS Une enquête préliminaire pour « abus de vulnérabilité de personnes en situation de sujétion psychologique » a été ouverte par le Parquet de Pau après une plainte d'une famille d'une jeune religieuse...

E.P. avec AFP
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Le carmel Notre Dame de la Rencontre est situé à Simacourbe dans le Béarn.
Le carmel Notre Dame de la Rencontre est situé à Simacourbe dans le Béarn. — Google Maps

Une famille dont la fille fait partie de la communauté religieuse Notre Dame de la Rencontre, dans le Béarn, tire la sonnette d’alarme, estimant que la jeune femme est sous emprise mentale. Une enquête préliminaire pour « abus de vulnérabilité de personnes en situation de sujétion psychologique » a été ouverte par le Parquet de Pau après la plainte de cette famille.

« Une emprise psychologique totale »

Le Carmel Notre-Dame de la Rencontre à Simacourbe est implanté dans le diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron-Sainte-Marie depuis 2009 et compte aujourd’hui 15 religieuses qui seraient, selon cette famille sous « emprise psychologique totale de la supérieure de la communauté » : « vénération démesurée portée » à la responsable du Carmel, coupure totale du monde extérieur, restriction à leur plus simple expression des relations familiales, suivi médical « plus que sommaire », absence de « période de discernement » prescrite avant toute entrée dans les ordres etc.

« Notre fille est en réel danger, tant sur le plan physique que psychologique et, devant l’incapacité des autorités ecclésiastiques de tutelle de régler le problème, nous avons décidé, en dernier recours, de saisir la justice », déclarent les parents, soutenus dans leur démarche par le Centre contre les manipulations mentales (CCMM Info-sectes/Aquitaine).

Le CCMM Info-sectes/Aquitaine a précisé samedi soir avoir non seulement signalé les faits au Parquet, « en préalable au dépôt de la plainte de la famille », mais avoir également effectué un signalement à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), qui est rattachée au Premier ministre. « Une seconde famille a fait part d’inquiétudes similaires sans, pour l’heure, porter plainte », indique pour sa part le quotidien Sud Ouest.

La supérieure nie toutes les accusations 

La supérieure du Carmel, Sœur Joanna, Eliane De Cock dans le civil, d’origine belge, nie en bloc ces accusations. Elle a déjà eu des oppositions avec les autorités ecclésiastiques : en 1994, Sœur Joanna avait été relevée de ses vœux solennels en Belgique à la suite d’une enquête canonique menée par l’évêque de Namur.

Installée en 1997 à Montgardin, dans les Hautes-Alpes, elle quittait le diocèse de Gap et d’Embrun en 2009 en raison d’un conflit avec Mgr Jean-Michel Di Falco, évêque du lieu. Celui-ci considérait que cette « communauté trompait le monde et n’était pas un véritable Carmel ». Toutefois, en 2009, le Carmel d’Alençon décidait de la réintégrer, ce qui permettait à l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, connu pour ses positions conservatrices, d’installer ce Carmel à Simacourbe.

Le responsable de la communication à l’évêché, Olivier Drapé, a fait savoir samedi soir que « le diocèse n’avait, pour le moment, aucun commentaire à faire » par rapport aux informations de presse sur le Carmel de Simacourbe.