Un an après le drame de Puisseguin: «Les rescapés se reprochent de vivre encore»

COMMEMORATION Un an jour pour jour après le tragique accident de la route qui a coûté la vie à 43 personnes à Puisseguin, près de Saint-Emilion, une cérémonie en hommage aux victimes était organisée...

Elsa Provenzano

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Hommage aux 43 victimes décédées le 23 octobre 2015 dans un accident de la route à Puisseguin.
Hommage aux 43 victimes décédées le 23 octobre 2015 dans un accident de la route à Puisseguin. — E.Provenzano / 20 Minutes

Une foule nombreuse a participé ce dimanche à la cérémonie en hommage aux 43 victimes du tragique accident de Puisseguin. Un an jour pour jour après le drame qui a endeuillé tout un territoire, l’émotion est encore très forte dans l’assistance.

Le 23 octobre 2015, un club du troisième âge se rend en car à une excursion dans le Béarn, accompagné par une animatrice de 28 ans. Leur véhicule est rentré en collision avec un camion dans un virage sur la commune de Puisseguin, près de Saint-Emilion. Le conducteur du camion, son fils de 3 ans, l’animatrice et 40 membres du club ont péri dans l’embrasement encore inexpliqué du véhicule. Huit personnes ont réussi à échapper au brasier.

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Michel Vignier, qui a perdu sa belle-mère dans la collision, préside le collectif des victimes, crée en janvier 2016. Il a participé à la cérémonie et s’est fait le porte-parole des 260 personnes réunies au sein de l’association.

« Au tout début, le collectif a eu à régler beaucoup de soucis administratifs qui ont empoissonné la vie des familles. Par exemple, des proches qui ne peuvent pas rentrer dans un appartement ou qui ne peuvent pas faire démarrer une voiture à cause de problèmes de clé », raconte Michel Vignier.

« Pour tous ceux qui restent, la vie doit continuer »

Les huit survivants, très marqués par la catastrophe, ont participé à la cérémonie. « Ils se reprochent de vivre encore. C’est pour ça qu’ils ne sont pas bien et qu’ils ont encore besoin d’un suivi psychologique. Lorsqu’on a une amie proche qui était assise juste à côté de soi et qui est décédée, on se dit : pourquoi elle et pas moi ? Il y a un sentiment d’injustice », analyse Michel Vignier. Lors de son discours devant la stèle il a souligné que « pour tous ceux qui restent, la vie doit continuer ».

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Sur le plan de l’avancement de l’enquête il ne cache pas que les familles sont « loin d’être satisfaites » puisque « c’est très lent » et que toutes les expertises n’ont pas encore été rendues. « C’est le temps de la justice », nous explique-t-on, déplore Michel Vignier. Une réunion avec le procureur est programmée début 2017 et les proches des disparus espèrent en apprendre un peu plus sur les causes de l’embrasement si rapide du véhicule, (moins de trois minutes) à ce moment-là. Mais ils savent que « ce sera très long » et qu’il y aura des « compléments d’expertise ».