Maladie de Lyme: Une Néo-Aquitaine parmi les 130 patients qui réclament 500.000 euros aux labos

SANTE La fiabilité des tests de diagnostic de cinq laboratoires est mise en cause par 130 patients dont une patiente de 30 ans de Charente-Maritime...

E.P. avec AFP
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L'Ixodes Ricinus, nom scientifique de la maladie de Lyme est transmise par les tiques.
L'Ixodes Ricinus, nom scientifique de la maladie de Lyme est transmise par les tiques. — GUTNER/SIPA

Chaque patient demande 500.000 euros à cinq laboratoires qui commercialisent le test de diagnostic de la maladie de Lyme, transmise par les tiques. Mardi, cent trente patients atteints de cette maladie ont assigné en responsabilité civile ces laboratoires auxquels ils reprochent de ne pas informer le public du manque de fiabilité des tests de diagnostic qu’ils commercialisent. Parmi eux, Amélie, une jeune femme de 30 ans qui vit près de Saintes, rapporte Sud Ouest.

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« Ces plaintes civiles ont pour but d’obtenir réparation pour les préjudices subis, liés au retard de diagnostic et à l’aggravation des symptômes », a expliqué Me Julien Fouray, qui demande 500.000 euros par patient aux laboratoires concernés.

Les assignations, délivrées devant les tribunaux de grande instance (TGI) de Nanterre, Paris et Bobigny, visent les cinq sociétés qui commercialisent le test incriminé, « Elisa », le seul autorisé comme premier test en France pour détecter la borréliose de Lyme, maladie transmise par les morsures de tique.

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Il s’agit du laboratoire italien DiaSorin et du français BioMérieux, leaders du marché, des allemands Siemens et Euroimmun et de l’américain Bio-Rad, a détaillé Me Catherine Faivre, l’autre avocate qui défend ce dossier.

« C’est avec votre vie qu’on joue à pile ou face »

Le test « Elisa » est jugé inefficace par certains patients et médecins pour détecter une maladie qui a touché 33.000 personnes en France l’an dernier, selon les estimations de l’agence Santé publique France.

« Il y a une responsabilité de ces laboratoires, qui ne sont pas capables de garantir la fiabilité des tests qu’ils commercialisent », a estimé Me Fouray. Avec « plus d’une chance sur deux » d’un diagnostic erroné, « c’est avec votre vie qu’on joue à pile ou face », a-t-il ajouté.

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« J’aimerais que les laboratoires m’expliquent pourquoi, après avoir eu la preuve irréfutable de la maladie de Lyme, ma sérologie reste toujours négative. Je veux aussi savoir si mes douleurs actuelles sont des séquelles ou si la bactérie est toujours présente dans mon corps, nous expliquait-elle cet été. La recherche doit être une priorité parce qu’on peut tous attraper la maladie de Lyme », témoigne Amélie dans le journal Sud Ouest.

Les 130 dossiers déposés représentent une « première vague », ont souligné les deux avocats du barreau d’Epinal, contactés par environ 500 malades.

Les tests sanguins « Elisa » résultent d’un consensus de soins établi par les autorités sanitaires en 2006, sur la base de directives américaines valables pour des souches américaines transmises par les tiques.

De nouveaux tests ?

Le gouvernement français vient toutefois de reconnaître la nécessité de développer de nouveaux tests de diagnostic, dans un « plan national » annoncé fin septembre.

« La ministre de la Santé [Marisol Touraine] a entendu sur le plan formel le cri d’alarme des malades, mais s’en tient à des déclarations d’intention », a déploré Me Faivre, soulignant qu’aucun budget n’était alloué au plan et qu’aucune mesure provisoire n’était prise pour permettre dès maintenant aux patients d’obtenir un diagnostic et un traitement appropriés.

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« La responsabilité de l’État et de Mme Touraine devra être engagée dans un deuxième temps. On ne peut pas admettre que pendant quatre années, avec des interpellations très claires, on n’ait pas réagi », a-t-il poursuivi.

Les avocats appellent le ministère à suspendre le protocole de soins actuel, à rembourser les soins non inclus dans ce protocole et à créer un fonds d’indemnisation.