Mérignac: Une petite maison de la presse explose les ventes d'un écrivain

PHENOMENE Philippe Fournier a vendu plus de 2.000 exemplaires des ouvrages de l'auteur David Lelait-Helo. Du jamais-vu pour une petite Maison de la presse. Histoire d'une passion...

Mickaël Bosredon

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Philippe Fournier, patron de la maison de la presse à Mérignac Mondésir, a fait décoller les ventes de David Lelait-Helo
Philippe Fournier, patron de la maison de la presse à Mérignac Mondésir, a fait décoller les ventes de David Lelait-Helo — M.Bosredon/20Minutes

Il regarde fièrement son ordinateur : le compteur affiche 2.577. Soit autant d’ouvrages de l’auteur David Lelait-Helo reçus à la maison de la presse de Mérignac Mondésir. « Et je ne dois en avoir que 300 en stock », sourit le patron de la boutique, coincée à l’entrée du petit centre commercial Simply Market.

En quatorze mois, Philippe Fournier a donc vendu plus de 2.000 ouvrages de cet écrivain. Inouï. « C’est du jamais vu, commente-t-on chez l’éditeur parisien Anne Carrière. Même une librairie classique ne pourrait réaliser un tel score, alors une maison de la presse, qui ne vend généralement que quelques poches… C’est juste exceptionnel. »

Philippe Fournier raconte avec passion ses livres coup de coeur
Philippe Fournier raconte avec passion ses livres coup de coeur - M.Bosredon/20Minutes

Philippe Fournier lui-même n’en revient pas. « En dix ans, le mieux que j’ai dû faire, c’est 500 exemplaires pour un auteur local un peu connu. Généralement, je vends une centaine d’exemplaires pour un écrivain grand public, et plus souvent une vingtaine maximum. » Le patron de la maison de la presse est pourtant à l’origine de cet exploit. Car c’est lui qui s’est retroussé les manches pour faire décoller les ventes.

« J’en ai commandé dix, puis vingt… très vite, on était rendu à 1.000 »

« Tout a commencé en juin 2015, raconte-t-il. Je regardais l’émission du critique Gérard Collard, et il parlait d’un ouvrage de David Lelait-Helo : C’était en mai, un samedi. Je partais en vacances, j’avais besoin d’un bouquin, j’ai donc pris celui-là, et un autre du même auteur, Poussière d’Homme. Là, j’ai pris une claque. Le récit de Poussière d’Homme, l’histoire de l’écrivain lui-même qui perd son compagnon atteint d’un cancer, m’a bouleversé. Lorsque je suis revenu de vacances, je me suis dit qu’il fallait absolument le proposer à mes clients. J’en ai d’abord commandé dix, puis vingt, puis cinquante… Les gens n’arrêtaient plus de me le demander. Très vite, on était rendu à 1.000 ! »

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Le phénomène est tel que David Lelait-Helo veut rencontrer Philippe Fournier. « Il s’est déplacé à Mérignac, pour une dédicace. » Et le patron de la maison de la presse propose de plus en plus de titres de l’auteur. « J’ai passé la barre des 2.000 exemplaires vendus, tous titres confondus, le 24 septembre dernier. »

Des clients… satisfaits ou remboursés

Coup de chance ? Il s’avère que, face à ce succès, la maison d’édition lui envoie, en mars dernier, les épreuves d’un ouvrage d’un autre auteur, Roland est mort de Nicolas Robin, pour voir ce qu’il en pense. « J’ai adoré, raconte Philippe Fournier, et j’ai commencé également à en parler à mes clients. » Résultat ? 600 exemplaires vendus. Et un sacré coup de pub de Gérard Collard, qui se montre dithyrambique envers la maison de la presse dans son émission télé.

La clé du succès de Philippe Fournier, c’est une passion sans faille pour les auteurs qu’il défend et… une disponibilité à toute épreuve pour sa clientèle. « Quand j’aime, j’en parle beaucoup autour de moi. Et je ne veux pas que les lecteurs soient déçus, alors je propose même de les rembourser si ça ne leur plaît pas ! » En ce moment, Philippe Fournier conseille particulièrement Travailler tue, d’un auteur bordelais, Yvan Robin, et La ballade de l’enfant gris, de Baptiste Beaulieu.

Quant au dernier David Lelait-Helo, Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri, forcément il a adoré. Et l’ouvrage figure en bonne place à l’entrée du magasin. Samedi, l’écrivain sera de nouveau à la maison de la presse, de 14h à 20h. Et Philippe Fournier attend « beaucoup, beaucoup de monde… Tout le monde veut le rencontrer ! »