Bordeaux: Renfort de personnel encadrant promis au lycée Trégey, après l'agression d'un jeune

SOCIAL Enseignants et élèves se mobilisent ensemble depuis mardi pour dire leur ras-le bol général des difficultés cumulées au sein de l'établissement...

Elsa Provenzano

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Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier.
Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier. — E.Provenzano / 20 Minutes

Depuis jeudi, le lycée professionnel Trégey à Bordeaux, qui compte 500 élèves, est sous le choc après l’agression d’un lycéen. Elèves et enseignants ont bloqué ensemble l’établissement mardi et mercredi matin pour dénoncer ce passage à tabac et demander du personnel encadrant supplémentaire. Les lycéens ont écrit des mots de soutien à leur camarade qu’ils ont affiché sur le portail de l’établissement.

Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier.
Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier. - E.Provenzano / 20 Minutes

Le blocus a été levé mercredi après-midi après une rencontre de l’équipe enseignante, de représentants de parents d’élèves et du syndicat étudiant FIDL avec le directeur académique des services de l’Education nationale de la Gironde. « On nous démontre qu’on va donner des moyens donc on a décidé de lever le blocus, mais on attend des actes », a réagi Romain Leconte, responsable de la FIDL Gironde.

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« Il a perdu tellement de dents que son père a eu du mal à le reconnaître »

Tout est parti d’un incident vraiment banal. Jeudi, un élève de classe de Seconde patiente dans la file d’attente de la cantine et se fait doubler par plusieurs autres élèves. Il proteste et fait alors l’objet de menaces auxquelles il ne prête pas trop attention sur le moment. Mais plus tard dans la journée, alors qu’il est à proximité de la station de tramway Stalingrad, il se fait rouer de coups par des individus qu’il reconnaît être ceux qui l’ont menacé.

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« Il a été retrouvé presque inconscient sur le trottoir, défiguré. Il a perdu tellement de dents que son père a eu du mal à le reconnaître, racontent deux enseignants de l’établissement. Ce sont les élèves qui se sont mobilisés et nous avons adhéré à leur cause, nous souhaitons qu’ils puissent suivre une scolarité normale. » Ils assurent avoir le soutien des parents, « qui ont peur pour leurs enfants ».

Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier.
Les lycéens se mobilisent depuis l'agression d'un de leurs camardes, jeudi dernier. - E.Provenzano / 20 Minutes

« Des problèmes d’insécurité récurrents »

« L’agression a été l’élément déclencheur mais il y a des problèmes d’insécurité récurrents vis-à-vis des élèves et des professeurs, souligne l’équipe enseignante. Quand on est en cours, on n’ose pas se tourner car on reçoit des projectiles dès qu’on tourne le dos à la classe. C’est une minorité qui fait régner cette loi de violences en toute impunité ».

« Il y a parfois de grosses tensions ici. Depuis 3 ans que j’y suis, j’ai déjà vu des gifles dans la tête, des coups de poing mis dans le couloir, et des dégradations matérielles. On en a marre que le lycée ait mauvaise réputation… C’est un peu le lycée de la dernière chance ici, certains ont fait huit établissements avant d’y arriver », raconte un lycéen de 19 ans. « On ne se sent pas trop en sécurité », souffle une lycéenne, âgée de 16 ans.

Une commission mobile de sécurité a été envoyée par le Rectorat sur l’établissement à partir de mercredi mais pour ces enseignants c’est « une goutte d’eau ». « Il nous manque des surveillants, des heures pour dédoubler des classes et une assistante sociale car elle ne vient que le mardi matin alors que nous avons des élèves en grandes difficultés », insistent-ils. L’an dernier, un poste d’AED (surveillant) a été supprimé. « Aujourd’hui il en faut deux supplémentaires car les colles sont différées jamais effectuées et cela crée un sentiment d’impunité » expliquent-ils.

L’inspection académique a promis des moyens supplémentaires ce mercredi pour que la situation s’améliore. « Nous allons ajuster la dotation de l’enveloppe de la vie scolaire », confirme François Coux, directeur académique des services de l’éducation nationale de Gironde, précisant qu'« une réflexion collective » avait été engagée grâce à « un échange global ». Il devrait se rendre prochainement sur place rencontrer les équipes et les élèves. Il a « bon espoir » que les cours reprennent dès ce jeudi dans l’établissement.

Dans le cadre de mesures conservatoires, les quatre lycéens qui pourraient être mis en cause ont l’interdiction de se présenter au lycée. Ils vont être convoqués devant un conseil de discipline. En parallèle, une enquête de police a été ouverte.