Bordeaux: Elle lance un appel sur Facebook pour retrouver sa mère qui a accouché sous X

SOCIETE « Toi qui a osé me donner la vie, ose aujourd'hui te manifester, mets un terme à cet immense flou qui m'envahit depuis toujours », écrit la jeune fille dans son appel sur les réseaux sociaux...

Elsa Provenzano

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Une jeune Bordelaise de 21 ans lance un appel sur Facebook pour retrouver sa génitrice.
Une jeune Bordelaise de 21 ans lance un appel sur Facebook pour retrouver sa génitrice. — Karine/ Facebook

« Depuis un peu moins d’un an, j’ai fait des demandes auprès de l’administration française qui sont restées sans réponse. Je me suis alors dit que je pouvais faire un appel solidaire sur Facebook. C’est un moyen de toucher beaucoup de monde », explique Karine, une Bordelaise de 21 ans, qui a lancé vendredi 30 septembre un appel sur le réseau social qui a déjà fait l’objet de plus de 4.500 partages.

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« Je n’entame pas des recherches pour te juger »

La jeune femme explique qu’elle est née sous X le 25 juillet 1995 dans un hôpital bordelais. Elle sait simplement que sa mère est d’origine tahitienne et qu’elle aurait été adoptée par une famille militaire à Tahiti. « Apparement tu avais 16 ans à l’époque, tu étais scolarisée et tu mesurais environ 1m70. Je ne détiens pas plus de renseignement », raconte Karine dans son appel. Si elle veut rencontrer sa mère à 21 ans, c’est qu’avant « elle n’était pas prête » mais que maintenant elle « en ressent le besoin, c’est le bon moment ».

« Je n’entame pas des recherches pour faire irruption dans ta vie, pour m’y installer ou bien même pour te juger, NON ! simplement pouvoir mettre un nom, un visage sur la personne que tu es, avoir une explication à ces 9 mois où je me suis imprégnée de toi.
Tu es l’introduction de ma vie, sans toi je ne peux me construire entièrement », explique-t-elle dans son message.

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Après son post Facebook sur lequel elle tient une pancarte adressant un message à sa génitrice, elle a eu de nombreux retours. « J’ai reçu beaucoup de commentaires qui m’ont fait chaud au cœur et certains m’ont laissée sans voix. Ils m’ont fait penser que les réseaux sociaux peuvent encore être utiles ! », se réjouit la jeune femme.

Pour l’instant elle n’a pas eu de pistes sérieuses et s’est « forgé une carapace » pour ne pas attendre trop fébrilement les réponses à son appel, devant son ordinateur.