Bordeaux: Un nouveau refuge sur la rive droite pour les adeptes de nuitées insolites

NATURE En lévitation sur le plan d'eau de La Blanche à Ambarès-et-Lagrave, le Prisme est un refuge accessible gratuitement sur réservation inauguré ce samedi 8 octobre...

Elsa Provenzano

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Le prisme sera inauguré samedi 8 octobre à Ambarès, près de Bordeaux.
Le prisme sera inauguré samedi 8 octobre à Ambarès, près de Bordeaux. — Zébra 3

L’artiste contemporaine qui a imaginé le nouveau refuge le Prisme, inauguré ce samedi 8 octobre sur le plan d’eau de La Blanche à Ambarès-et-Lagrave, a voulu raconter une histoire. Lou-Andréa Lassalle l’a conçu en ayant à l’esprit un ermite qui vivrait seul dans une sorte de temple ésotérique et qui se nourrirait en chassant le canard… Un nouveau refuge pour se dépayser tout près de chez soi.

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Inciter à la contemplation

Le résultat assez déroutant c’est une cabane mi-pyramide mi-sphynx pour le côté ésotérique mais qui a aussi des allures de tonne, cette cabane utilisée pour la chasse sur l’estuaire. Pouvant accueillir 8 personnes, le Prisme veut inspirer une communion avec les lieux.

Pour y parvenir, il est orienté de façon à donner l’impression qu’il se situe en pleine nature, alors que la présence humaine n’est pas loin. L’étendue d’eau, les canards et les cygnes doivent inciter à la contemplation. « A l’intérieur, les verrières peintes renvoient une lumière un peu verdâtre et jaune or », précise Lou-Andréa Lassalle.

120 kilomètres de balades à terme

C’est le huitième refuge installé sur l’agglomération depuis l’implantation du Nuage à Lormont. Et trois autres vont voir le jour sur la rive gauche d’ici fin 2017, qui marquera le terme contractuel du projet financé par la Métropole Bordelaise et mis en œuvre par Bruit du Frigo et Zébra 3. Un sera implanté au Haillan, un autre à Bordeaux Lac et un troisième dans le secteur des Jalles. Ils viendront boucler la ceinture de refuges présente autour de l’agglomération. A terme donc, il y aura 120 kilomètres de balades, soit environ 5 jours de marche.

La rive droite est pour l’instant beaucoup mieux servie en refuges « il y a (sur cette rive) des situations beaucoup plus propices alors que le territoire des Jalles est plutôt fermé, qu’il y a beaucoup de terrains privés et aussi des zones naturelles sensibles », explique Yvan Détraz, architecte à l’initiative du projet et directeur de Bruit du Frigo

« Au départ dans mon esprit, les refuges devaient servir de points de chute à des randonneurs mais ils fonctionnent à l’envers. Le Tronc Creux permet de découvrir le parc du Bourgailh et le Nuage celui de l’Ermitage, cet usage détourné est tout aussi bien » estime Yvan Détraz. Et de toute façon, pour pouvoir permettre au public de faire une randonnée tout autour de l’agglomération et réserver une nuit dans chaque refuge à la suite, il faudra une gestion centralisée des réservations, qui n’existe pas encore. Ces demandes-là, très minoritaires, sont gérées au compte-gouttes.

« Leur succès continue de me surprendre »

Ouverts du 1er mars au 30 novembre, les refuges sont rarement vides. « Le taux de réservation est de 100 % et le taux d'occupation de 80 % », précise Michel Héritié, maire d'Ambarès et élu métropolitain. « Quand j’ai imaginé ce concept, c’était en 1999, autour de la randonnée et je ne pensais pas forcément que les gens auraient envie d’aller dans ces refuges. Cela continue à me surprendre », confie Yvan Detraz.« En 2015, il y a eu 3.400 séjours »,  pointe l'élu métropolitain. 

Les Guetteurs de Bègles et la Nuit Américaine à Bassens font partie des plus prisés. Celui de Floirac qui propose « l’expérience la plus spartiate puisqu’il n’y a pas d’espace collectif couvert », explique l’architecte, attire un peu moins les foules. Le Prisme a lui deux mois environ pour faire ses preuves, avant la fermeture des refuges pour l'hiver.