Gironde: 4 ans de prison ferme pour le «gourou» qui a manipulé trois femmes

JUSTICE Le tribunal correctionnel de Libourne a condamné Philippe Lamy, jugé pour exercice illégal de la médecine, abus de faiblesse et agressions sexuelles à 4 ans de prison ferme et obligation de soins...

Elsa Provenzano
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Me Daniel Picotin, l'avocat des parties civiles. AFP PHOTO JEAN PIERRE MULLER
Me Daniel Picotin, l'avocat des parties civiles. AFP PHOTO JEAN PIERRE MULLER — Jean-Pierre Muller afp.com

Le tribunal correctionnel de Libourne a délibéré tard dans la nuit de mercredi à jeudi, condamnant à 5 ans de prison dont un avec sursis Philippe Lamy, ce quadragénaire aussi appelé Florenzo ou maître Ilario dans les milieux libertins qu’il fréquentait. et comparaissait pour exercice illégal de la médecine, abus de faiblesse et agressions sexuelles.

Une condamnation qui va au-delà des réquisitions du procureur qui avait demandé 4 ans de prison dont un an avec sursis. Les 14 mois de sursis relatifs à une précédente condamnation ont été révoqués, il fait l'objet d'une obligation de soins et le prévenu est parti directement en détention, à l'issue de l'audience. On ignore encore s’il compte faire appel de la décision du tribunal, dans le délai légal de 10 jours.

Réduites à des objets sexuels

Les trois femmes qui ont témoigné lors de l’audience ont décrit un séducteur qui les a isolées de leurs familles, poussé à arrêter leurs traitements médicaux (deux sont dépressives et l’une souffre d’un cancer de la thyroïde) et réduit à des objets sexuels.

Guy Veillon, co-prévenu, est un ostéopathe qui était poursuivi pour exercice illégal de la médecine a été relaxé. Il a prescrit des gélules magnétisées par Philippe Lamy à une partie de sa patientèle. Il explique avoir été lui-même sous l’emprise mentale de celui que Daniel Picotin, avocat des parties civiles, n’hésite pas à qualifier de « gourou ». Philippe Lamy, qu’à un moment donné il appelait son « frère », lui avait fait miroiter la possibilité d’améliorer la prise en charge de ses patients. Guy Veillon avoue avoir été « subjugué » par le personnage et avoir sincèrement cru à ses pouvoirs curatifs.