Hôpital psychiatrique: A Cadillac, on cherche à prévenir le passage à l'acte des personnes violentes

SANTE Une structure pour mener des recherches sur le passage à l'acte a été officiellement créée ce mardi au centre hospitalier de Cadillac, en Gironde...

Elsa Provenzano

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En Gironde, illustration de l'hôpital psychiatrique de Cadillac.
En Gironde, illustration de l'hôpital psychiatrique de Cadillac. — E.Provenzano / 20 Minutes

« On a un trésor clinique ici », estime Jean-Pierre Bouchard, psychologue à l’hôpital psychiatrique de Cadillac en Gironde, et criminologue de terrain. Et il ajoute qu’en tant qu’établissement public, Cadillac, a le devoir de partager ce savoir avec d’autres acteurs de santé. C’est l’ambition de l’institut psycho-judiciaire, que dirige Jean-Pierre Bouchard, et qui vient d’être lancé officiellement ce mardi.

Une expérience professionnelle à partager

Il y a une expertise locale reconnue à Cadillac sur laquelle s’appuie le lancement de cet institut de recherche, une création hors normes dans un établissement hospitalier non universitaire. L’unité pour malades difficiles (UMD) a ouvert en 1963. Elle accueille et prend en charge des personnes qui ont pu ou auraient pu réaliser des passages à l’acte dangereux pour eux-mêmes ou les autres. Elles viennent de l’ensemble du territoire national. L’UMD, l’unité de soins intensifs psychiatriques et l’unité hospitalière spécialement aménagée (qui prend en charge des détenus présentant des troubles mentaux) constituent le pôle de psychiatrie médico-légale du centre hospitalier de Cadillac.

En Gironde, illustration de l'hôpital psychiatrique de Cadillac.
En Gironde, illustration de l'hôpital psychiatrique de Cadillac. - E.Provenzano / 20 Minutes

« L’institut a vocation à développer des connaissances sur la dangerosité. Cela paraît simple mais c’est un océan ! Les plus compétents des professionnels de terrain vont s’attaquer à ces lourdes tâches », se réjouit Jean-Pierre Bouchard. Il détaille l’enjeu de ces recherches en arguant qu’il y a des personnes qui ne seront dangereuses qu’une fois dans leur vie et d’autres qui présentent des « caractéristiques personnelles » qui font qu’elles peuvent être considérées comme potentiellement dangereuses.

« Pour l’instant les données ne sont pas très cliniques, elles ont été faites par des juristes », précise ce spécialiste qui souligne que ces travaux seront « utiles et utilisables sur le terrain professionnel ».

Des travaux déjà engagés

Les avancées du groupe de recherche, composé de personnels de santé, seront communiquées via des séminaires et dans des revues spécialisées. Le premier dossier portera sur l’injonction de soins, c’est-à-dire des soins ordonnés par la justice pour des violences sexuelles ou autres et devrait être publié début 2017. « Elle doit permettre de réduire le risque de réitération des faits », rappelle Jean-Pierre Bouchard.

Et dès novembre 2016, l’institut va débuter une recherche sur les homicides commis par des sujets psychotiques (schizophrènes ou paranoïaques) « Cela doit permettre de dégager des indicateurs sur la dangerosité », commente le criminologue. 

« Il y a déjà des publications, mais cet institut va permettre la structuration de travaux épars. Il mettra un travail de terrain à disposition d’un environnement plus large. Cet établissement méritait ce volet de recherche », souligne Raphaël Bouchard (homonyme sans lien de parenté avec Jean-Pierre Bouchard), directeur du centre hospitalier de Cadillac. Chaque année, une dizaine de publications, associant à chaque fois des professionnels de santé différents et pas forcément girondins, émaneront de cet institut.