Bordeaux: Younus, d'abord les devoirs et ensuite le foot

SPORTS L'académie Younus propose aux jeunes de Grand Parc de faire du sport, à une condition: avoir fait leurs devoirs avant...

Laetitia Dive

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L'accès au sport attire les enfants qui souhaitent rejoindre l'association.
L'accès au sport attire les enfants qui souhaitent rejoindre l'association. — Younus

Tout a commencé avec une bagarre. Alors qu’il se promenait dans son quartier, Abdoulaye Ndiaye a assisté à un affrontement très violent entre jeunes. Après avoir séparé les enfants, il leur demande pourquoi ils se battent de la sorte. « Ils m’ont répondu qu’ils s’ennuyaient ».

Outre les activités sportives, Younus propose une formation au jeu d'échec.
Outre les activités sportives, Younus propose une formation au jeu d'échec. - Laetitia Dive

L’ancien basketteur s’inspire de cette réponse pour créer Younus, son association. Afin qu'ils ne traînent plus sans occupation, le sportif leur propose un marché. Le principe ? Alhabib, 12 ans, le résume ainsi : « Ici ils mettent l’école avant tout. Si tu veux jouer au foot, il faut que tu passes par le travail ».

De l'école aux terrains

Comme plus d’une centaine de jeunes (de 7 à 25 ans), il est inscrit à l’association. Le soir après l’école, il file dans les locaux de Younus où des animateurs l’attendent pour l’aider dans les différentes matières scolaires. « Moi sans ça, je ne les ferais pas mes devoirs », confesse Inès, 11 ans.

Abdoulaye Ndiaye travaille désormais à plein temps pour son association.
Abdoulaye Ndiaye travaille désormais à plein temps pour son association. - Laetitia Dive

Ce qui motive ces enfants, c’est les activités sportives, proposées en nombre par l’association : foot bien sûr, mais aussi boxe, tennis voire golf ou équitation certains week-ends. « On veut montrer aux enfants qu’ils peuvent aussi pratiquer ces sports de prestige », explique Abdoulaye Ndiaye. Car une fois les devoirs faits, la récré peut commencer. 

Justement, le sport est au centre de la pédagogie : « On transfère les valeurs sportives à la vie réelle, le fair-play notamment. Moi j’étais sportif de haut-niveau et à force de respecter les valeurs de mon sport, je suis devenu respectueux dans la vie », raconte le président de Younus.

Transmettre les valeurs du sport

Ainsi, lorsqu’un enfant s’inscrit, il s’engage à adopter un bon comportement. « Partout, chez lui, comme à l’école, sur les terrains ou ici », précise l’ancien basketteur. Pour inculquer ces valeurs de travail et de respect, il s’est inspiré des clubs de NBA. « Souvent, des joueurs se rendent dans des écoles pour faire la lecture ou débattre avec des jeunes ».

Des sessions à la mer ont aussi été organisées pour faire découvrir les sports nautiques aux enfants.
Des sessions à la mer ont aussi été organisées pour faire découvrir les sports nautiques aux enfants. - Laetitia Dive

Abdoulaye Ndiaye l’affirme : les enfants ont besoin d’exemples,  et les sportifs professionnels en sont souvent. C’est pourquoi il essaie de sensibiliser les athlètes bordelais à sa cause. « Aujourd’hui, les clubs sportifs ont intérêt à développer des actions sociales. Mais sur la durée, pas juste pour la photo, commente-t-il. Comme je suis un ancien pro, j’ai un bon contact vis-à-vis des enfants parce qu’ils ont regardé mes vidéos. Et j’ai un réseau sportif. Donc quand t’amènes des noms comme Boris Diaw ou Nicolas Batum, ça amène des sponsors ».

Car l’enjeu est là désormais : Younus voudrait à terme pouvoir s’autofinancer. Pour cela, l’association se lance dans la commercialisationde T-shirts et polos. Et Abdoulaye Ndiaye continue de sonner aux portes des sportifs bordelais, afin d’obtenir plus de visibilité.