Toujours aussi difficile pour une personne atteinte de trisomie de trouver un travail

SANTE Pour la première fois en Aquitaine, un jeune trisomique a signé un CDI avec son employeur. Mais, ce n'est pas aussi facile pour tout le monde...

Clément Carpentier

— 

Yvan avec son patron (à gauche)
Yvan avec son patron (à gauche) — Valérie Legendre

L’histoire d’Yvan a ému plus d’une personne ces derniers jours. Ce jeune de 20 ans atteint de Trisomie 21 a signé un CDI dans un restaurant du Barp dans le Val de l’Eyre. Pourtant, aujourd’hui, cela reste « très difficile » pour les trisomiques de s’insérer dans la vie professionnelle selon .

>> A lire aussi : Trisomie 21: Bientôt un test sanguin pour remplacer l'amniocentèse ?

29 personnes accompagnées en 2015

« On a du mal à trouver des entreprises prêtes à se lancer dans l’aventure » : le constat de Véronique Legendre est sans appel aujourd’hui. Directrice adjointe de l’association Trisomie 21 Aquitaine, elle a notamment accompagné avec son équipe Yvan depuis plus de 7 ans. En tout, aujourd’hui, son organisation s’occupe de 140 personnes en Gironde (237 en Aquitaine).

Yvan, jeune trisomique a été embauché dans le restaurant
Yvan, jeune trisomique a été embauché dans le restaurant - Google Street

Tous les jours, des professionnels aident des personnes atteintes de trisomie à trouver leur chemin scolaire puis professionnel. Malgré des avancées, les difficultés sont toujours aussi dures à surmonter. En 2015, Trisomie 21 Aquitaine a accompagné 29 personnes dans les entreprises du département.

>> A lire aussi : Trisomie 21: quand la crèche fait une place à la différence

Il y a encore une peur de la différence

Pour Véronique Legendre, « ça fait toujours aussi peur d’accueillir quelqu’un de différent au quotidien ». L’association essaie donc de créer de vraies collaborations à long terme pour instaurer une confiance. « On propose par exemple des formations à des tuteurs qui veulent s’investir dans un projet » affirme-t-elle.

Son équipe se rend aussi très régulièrement dans les entreprises qui ont en charge un trisomique. Sur certains cas, c’est très compliqué car ils ne savent ni lire, ni écrire, comme Yvan au tout début de sa formation. Ann Heynderycs a suivi de très près le jeune homme : « Il faut lui donner des repères mais aussi à son tuteur. Des fois, ils doivent travailler avec des pictogrammes ou encore apprendre au tuteur à utiliser un vocabulaire simple. »

La « fatigabilité »

L’autre difficulté, c’est la fatigue, car quelqu’un qui est atteint de trisomie 21 ne « peut pas travailler 35h comme tout le monde. Intellectuellement et physiquement, ce n’est pas possible » rappelle Véronique Legendre. Pour sa collègue Ann Heynderycs, un trisomique peut « bosser » en moyenne 4h par jour.

>> A lire aussi : Trisomie 21: Bientôt un test sanguin pour remplacer l'amniocentèse ?

Enfin, il existe aussi des problèmes administratifs. Par exemple, même si une personne victime de trisomie 21 ne travaille que 16h par semaine, son employeur doit le payer comme un salarié qui est aux 35 heures jusqu’à un certain statut (contrat d'apprentissage) et un projet de loi est à l'étude pour améliorer le temps de travail. L’équilibre économique est donc difficile à maintenir pour certains tuteurs.