Bordeaux: 10km/h... c'est du sport d'être livreur à vélo!

L.D.

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L'entreprise fournit sac à dos et tenue aux couleurs de la marque.
L'entreprise fournit sac à dos et tenue aux couleurs de la marque. — Foodora

« Je fais facilement 30 kilomètres en trois heures. Mais dans ces trois heures il faut compter les temps d’attente ». Tout au long de la semaine, Gautier pédale pour gagner de l’argent. Depuis un an, il travaille pour Deliveroo, une des deux principales entreprises de livraison de plats cuisinés.

Les livreurs, employés en tant qu’auto-entrepreneurs, se déplacent exclusivement sur leurs propres vélos. C’est ce qui a séduit l’étudiant : « Quand je suis arrivé ici, il y a un an, j’ai vite réalisé qu’ici tout se faisait à vélo. J’y ai pris goût ». Aussi, quand un de ses amis lui propose de postuler pour ce job, il accepte : « C’était vraiment pour le fun. Maintenant je le fais aussi pour gagner de l’argent ».

Deux livraisons par heure en moyenne

Dans le centre-ville, à la tombée de la nuit, les livreurs règnent en maître sur les pistes. Hubert travaille pourFoodora, l’entreprise concurrente. « J’aime le sport et c’est ce qui m’a motivé. Mais je ne vis pas de mes livraisons ». Le jeune homme travaille le soir dans un bar à vin. Aussi, il s’octroie entre trois et neuf heures par semaine pour livrer et arrondir ses fins de mois. « C’est mon sport de la semaine », explique-t-il.

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Côté vélo, il faut être équipé. Hubert a opté pour un vélo demi-course, acheté d’occasion. Gautier, qui lui roule midi et soir affirme que pour ce boulot, il est nécessaire d’avoir un vélo de course ou un fixie. Car l’objectif est de livrer le plus vite possible : rémunérés deux euros par commande (avec un forfait de base de 7,5 euros de l’heure), il faut aller vite pour que cela devienne intéressant.

Etre rapide

Il n’est pas rare de voir au détour d’une rue un livreur qui remonte en sens interdit ou qui grille un feu. « Oui c’est dangereux, mais à ma connaissance, aucun coursier n’a été à l’origine d’un accident », explique Gautier. Le jeune homme admet néanmoins avoir déjà eu quelques frayeurs. Mais voilà : pour rentabiliser les heures consacrées à la livraison, il faut aller le plus vite possible…

Tout comme Hubert, il reconnaît que le contrat qui le lie à son entreprise est précaire : le statut d’auto-entrepreneur l’oblige à reverser 25 % de son revenu. Aussi, si en une heure il effectue deux livraisons, ce qui est une moyenne, il ne lui reste plus grand-chose en net.

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« Il faut vraiment aimer le vélo », admet Gautier qui y a vraiment pris goût puisqu’il confie avoir regardé quelques compétitions de cyclisme depuis. En tout cas, dans les rues deBordeaux, les livreurs aux sacs à dos rose ou bleu n’ont jamais été aussi nombreux. Sur Facebook, ils sont plus de 300 à faire partie de la communauté des livreurs bordelais Deliveroo.