Bordeaux: Des écoles provisoires et des bus affrétés par la mairie dans le quartier Bacalan

EDUCATION Le quartier Bordeaux-Maritime est en pleine évolution et les deux nouveaux groupes scolaires ne seront livrés qu’en 2019…

Elsa Provenzano

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Le 1er mai 2016, illustration de travaux dans le quartier des Bassins à flot
Le 1er mai 2016, illustration de travaux dans le quartier des Bassins à flot —

Le quartier Bacalan a commencé à accueillir de nombreuses nouvelles familles, notamment avec le grand projet de réhabilitation des Bassins à flot sur lequel 5.400 logements sont en construction. Cela représente environ 12.000 habitants attendus après la livraison du programme, fixée en 2025. Problème : les groupes scolaires prévus dans le projet urbain ne sont pas prêts et les écoles du quartier ne suffisent pas à accueillir les nouveaux élèves.

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Deux écoles provisoires installées jusqu’en 2019

Le groupe scolaire prévu rue de la Faïencerie n’a pas pu se construire car le terrain était pollué au radium. Une école modulaire (en préfabriqués) appelée Sempé a donc été installée provisoirement, pour au moins 3 ans, sur une partie du « Jardin de ta sœur ». Un groupe scolaire sera construit dans ce secteur, rue Bourbon, et devrait être livré en 2019. Dans l’attente d’une seconde école, livrée rue Delbos elle aussi en 2019, une autre école provisoire (Lac IV) a été installée près de celle du Lac II.

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Achard et Charles-Martin, deux écoles du quartier Bacalan, sont pleines à craquer. « Il y a un effet à ce sureffectif. Pour la première fois, et je suis directeur depuis 20 ans, je n’ai pas pu accueillir de très petites sections (les enfants de moins de 3 ans) », explique Vincent Maurin, directeur de l’école Charles-Martin. Dans le même temps, dans ce secteur Bordeaux-Maritime, l’école Labarde « entachée d’une réputation difficile », explique Vincent Maurin, car des enfants de familles de gens du voyage y sont scolarisés, compte 157 inscrits pour une capacité d’accueil de 172 élèves.

L'école Labarde dans le quartier Bacalan.
L'école Labarde dans le quartier Bacalan. - E.Provenzano / 20 Minutes

Depuis cette rentrée, la mairie a affrété des bus, une mesure normalement réservée au milieu rural, pour que des élèves soient scolarisés à Lac IV et à l’école des Aubiers. Une mesure qui peut étonner alors que l’école Labarde, en dur elle, n’affiche pas complet. « J’ai refusé toutes les dérogations. Pour ces enfants Lac IV est plus proche que l’école Labarde. La carte scolaire a été respectée », assure Emmanuelle Cuny, l’adjointe au maire chargée de l’éducation.

« Mais la carte scolaire est faite justement pour qu’on n’ait pas besoin de bus », rétorque Emmanuelle Ajon, conseillère municipale d’opposition (PS). Pour elle, la mairie a eu peur que les parents se plaignent si leurs enfants étaient envoyés dans cette école classée REP +. « C’est un manque d’anticipation ou pire, une volonté de lisser l’investissement public au maximum », lance-t-elle.

« Il n’y a pas de politique volontariste en termes de mixité sociale »

« La mairie dit que l’école Labarde est pleine car les locaux de classe sont complets mais d’autres locaux pourraient redevenir des classes, estime Vincent Maurin. Une quinzaine de places libres, cela paraît beaucoup. Il faut que la ville de Bordeaux se pose la question de comment remplir cette école et mener une sectorisation plus équilibrée. »

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« Il n’y a pas de politique volontariste en termes de mixité sociale », déplore une mère d’élève d’un enfant scolarisé à Labarde. Au-delà des opérations déjà menées dans l’école, comme le café des parents, elle souhaite de vraies actions qui puissent « changer la donne ». « En plus l’équipe pédagogique est super ! » lance-t-elle. Une vision partagée par d’autres parents d’élèves qui attendent la sortie de leurs enfants, devant le portail, ce mercredi. « Je le reconnais, quand j’ai emménagé il y a trois ans j’avais un peu peur à cause du quartier mais il n’y a rien en fait ! Et elle est très bien cette école », confie l’une des mères d’élèves.