Pays-Basque: La sœur d'Aurore Martin visée par un mandat d'arrêt européen

POLITIQUE Un juge espagnol a émis un mandat d'arrêt contre la jeune femme, qui estime que c'est son activité au sein d'une association de défense des prisonniers qui est dans le viseur...

E.P. avec AFP

— 

Un mandat d'arrêt européen a été émis contre Emilie Martin, soeur d'Aurore Martin.
Un mandat d'arrêt européen a été émis contre Emilie Martin, soeur d'Aurore Martin. — GAIZKA IROZ / AFP

Ce mercredi lors d'une conférence de presse, la militante basque française Emilie Martin, 31 ans, soeur d'Aurore Martin, a annoncé qu'elle était convoquée devant le tribunal de Pau le 4 octobre , date à laquelle on lui fera part de l'émission d'un mandat d'arrêt européen (MAE) émis à son encontre par un juge espagnol en avril dernier.

>> A lire aussi : Espagne: pas de prison pour Aurore Martin et 34 indépendantistes basques suite à un accord judiciaire

« Mon activité de porte-parole en Iparralde (Pays basque français) au sein d'Herrira, une association de défense des prisonniers, est directement visée, » a déclaré la jeune femme lors d'une conférence de presse à Bayonne.

« En 2013, j'ai refusé de me rendre à une convocation de la justice antiterroriste espagnole à Madrid, et mon nom figure dans un dossier où 47 personnes sont mises en examen par un juge espagnol dans le cadre d'activités de défense des prisonniers basques, » a-t-elle dit.

>> A lire aussi : Procès Batasuna: Aurore Martin se démarque «absolument» du terrorisme

Emilie Martin est la soeur Aurore Martin, qui avait été arrêtée et remise à l'Espagne en 2012 dans le cadre d'une autre enquête, ce qui avait suscité une vague d'indignation au Pays Basque et au-delà. Aurore Martin était devenue la première Française remise à l'Espagne pour des faits liés aux affaires basques.

A l'automne 2015, elle a finalement été jugée coupable d'appartenance au « front politique » de l'ETA, admettant sa participation dans le cadre d'une transaction pénale qui lui a épargné la prison, comme à une trentaine d'autres prévenus.

L'activité de l'association Herrira en cause

Emilie Martin, elle, avait été convoquée en 2013 par un juge espagnol pour être entendue dans une enquête concernant Herrira, association illégale en Espagne depuis 2013 mais pas en France, mais elle avait refusé de répondre à la convocation.

>> A lire aussi : Espagne: 35 indépendantistes basques jugés au grand procès Batasuna

Le juge Eloy Velasco a ordonné son arrestation dans le cadre de son enquête sur le présumé « front des prisons de l'ETA» , organisation séparatiste armée à laquelle sont attribuées 829 morts en quarante ans de violence, jusqu'en 2010.

Selon le juge, « Herrira» , créée en 2012, faisait partie de ce « front » visant à faire circuler l'information entre prisonniers, à les défendre et « à garantir leur cohérence » et leur discipline, en lien avec l'EPPK, un collectif de prisonniers politiques basques créé en 2003.

Lors de la conférence de presse à Bayonne, Christophe Deprez, président de la Ligue des droits de l'homme Pays Basque, a estimé que « la question des prisonniers basques est centrale pour le développement du processus de paix » et a demandé « une non-application du MAE à l'encontre d'Emilie Martin.»

« A travers le monde, tous les processus de paix ont été accompagnés par la libération des prisonniers. Cinq ans après la fin de la lutte armée d'ETA, Paris et Madrid refusent le moindre geste dans cette direction,» a-t-il dit.