Pyrénées-Atlantiques: Un ancien hôtel de luxe en ruines vendu aux enchères pour 10.000 euros

ARCHITECTURE L'édifice est très délabré et la petite commune d'Eaux-Bonnes n'avait pas les moyens de le remettre en état...

E.P. avec AFP
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L'hôtel des Princes a été vendu pour 10.000 euros.
L'hôtel des Princes a été vendu pour 10.000 euros. — GAIZKA IROZ / AFP

L’hôtel des Princes, un palace de 100 mètres de long, typique de l’architecture haussmanienne du Second Empire a été vendu jeudi à Paris pour 10.000 euros à une société dont le nom n’a pas été révélé, lors d’une adjudication judiciaire. Il faut dire que l’édifice situé à Eaux-Bonnes, dans les Pyrénées-Atlantiques, est quasiment en ruines.

Sa toiture est éventrée et seul l’escalier monumental, bien que gorgé d’eau et abîmé, où le visage de l’impératrice Eugénie est sculpté sur la pomme de sa rampe, témoigne de sa splendeur passée, à l’époque où l’activité thermale y battait son plein. L’impératrice Eugénie y séjourna en 1861, un an après sa construction.

Depuis 1975, le palace est fermé au public. La mairie de la petite cité de 340 habitants n’avait pas les moyens de prendre en charge la rénovation de cet imposant bâtiment, qui a été évaluée par le maire, Stéphane Courtié, à 20 millions d’euros d’investissement pour le mettre aux normes d’aujourd’hui.

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Une première vente en 2003 qui s’est révélée un fiasco

Inscrit aux Monuments historiques en 2002, l’hôtel qui comptait 175 chambres fut vendu par la commune en 2003 pour 1,2 million d’euros à un promoteur, Robert Leroux. Mais, cette vente fut le centre d’une vaste escroquerie : le projet n’avait jamais vu le jour, le promoteur ayant été déclaré en cessation de paiement avant les premiers travaux.

L’affaire avait été jugée en 2015 au Tribunal de Pau, mais le promoteur était décédé entre temps. Son associé avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis et près de 500.000 euros de réparation à la commune des Eaux-Bonnes. Outre, la commune, une dizaine d’investisseurs y ont perdu des plumes, le préjudice total de cette escroquerie étant d’environ 1,2 million d’euros.

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Ces dernières années le bâtiment avait été géré par le liquidateur de Robert Leroux, un mandataire parisien, Selaja MJA, qui avait tenté de le vendre à un million d’euros l’an dernier sans trouver preneur.