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SANTEBoiron fait des tubes (de médicaments homéopathiques) en Gironde

Pharmacie: Boiron fabrique ses médicaments homéopathiques en Gironde, depuis 45 ans

SANTEInstallés sur 2.000 m2 à Canéjan, en Gironde, les laboratoires Boiron approvisionnent une grande partie de la Nouvelle Aquitaine…
Elsa Provenzano

Elsa Provenzano

Vous connaissez sûrement l’arnica, l’oscillococcinum ou encore le nux vomica ces tubes de granules qui comptent parmi les meilleures ventes du laboratoire pharmaceutique Boiron, spécialisé en médicaments homéopathiques. Ce que vous ignorez peut-être, c’est que toutes les commandes destinées à une grande partie de la Nouvelle Aquitaine sont confectionnées à Canéjan, à environ 30 minutes de Bordeaux.

Jusqu’à deux livraisons par jour aux pharmacies

Le laboratoire girondin, installé depuis bientôt 45 ans dans le département, approvisionne 860 pharmacies par jour, voire deux fois par jour si besoin. D’où l’intérêt pour les laboratoires Boiron, présents dans une cinquantaine de pays dans le monde, d’être installés à proximité de la zone géographique qu’ils desservent. L’établissement girondin a la particularité de travailler également à l’exportation vers les filiales Boiron Caraïbes et Boiron Océan Indien.

Les préparations en série (comme l’arnica ou le nux vomica) sont fabriquées dans l’usine Boiron de Lyon avant d’être envoyées à Canéjan. Sur le site girondin, on prépare les commandes (75 % de l’activité) et confectionne aussi des préparations magistrales (des dosages sur mesure, effectués en fonction d’une prescription médicale).

« Beaucoup associent l’homéopathie aux plantes, alors qu’en majorité les principes actifs (présents en très petites doses) ont des sources minérales ou chimiques », précise Françoise Pezet, pharmacienne et directrice de l’établissement. Environ 4.000 souches différentes rentrent dans la composition des médicaments homéopathiques.

La fabrication consiste à imprégner l’excipient (du saccharose et du lactose) d’un liquide contenant le principe actif. Dans une partie à part du laboratoire, la dilution est « mélangée » à l’aide d’un dynamiseur qui exerce 150 secousses en 7 secondes. La préparation est ensuite mise à sécher dans une étuve. Huit personnes seulement sont formées pour travailler dans cette « diluthèque ».

« On sait que manager par le stress ça ne marche pas »

Un peu moins de 60 salariés travaillent sur le site et « beaucoup font carrière entièrement chez Boiron. Le turn-over est assez faible », explique Françoise Pezet, 60 ans, qui est rentrée chez Boiron en 1991. La directrice met en avant les 25 accords d’entreprise parmi lesquels celui qui peut permettre de diminuer son temps de travail pour s’occuper de parents malades tout en ayant son salaire maintenu. Depuis 30 ans, il propose aussi à ses salariés de partir à la retraite en douceur.

« A trois ou quatre ans du départ à la retraite, le salarié a la possibilité de baisser progressivement son temps de travail tout en maintenant sa rémunération globale », explique Françoise Pezet. Sur le site, 86 % des employés sont des femmes et la moyenne d’âge est de 46 ans.

« Ce n’est pas de la philanthropie mais du management. On sait que manager par le stress ça ne marche pas. On veut que les salariés soient épanouis et bossent mieux », souligne Jean-François Luriol, directeur des relations extérieures chez Boiron. « Le taux d’absentéisme est de 3,5 à 4 % et on sait que cet absentéisme relève le plus souvent de longues maladies, qui n’ont pas de rapport avec les conditions de travail », estime la directrice. « On a vraiment de la chance. Même la CARSAT (la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail) était étonnée », raconte une des plus anciennes employées du site, qui a choisi de baisser son volume horaire de travail pour partir progressivement à la retraite.

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