Bordeaux: Des cours dans les bois ou seulement le matin...Ces écoles où on apprend autrement

EDUCATION En ce début d’année, on a trouvé trois écoles où on prône un autre enseignement…

Laetitia Dive

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L'école des bois accueille ses élèves entre une forêt et des vignes.
L'école des bois accueille ses élèves entre une forêt et des vignes. — Ecole des bois

L’école des bois éveille toutes les intelligences

Nichée entre des vignobles et une forêt dans un parc de quatre hectares à Martillac, l’école des bois accueille 245 élèves, de la petite section au CM2. L’établissement existe depuis une cinquantaine d’années et travaille en contrat d’association avec l’Etat. « On a misé notre projet pédagogique sur les neurosciences, afin de reconnaître chaque élève dans son individualité », explique Albane Motais de Narbonne, la directrice de l’établissement.

Les enseignants respectent les programmes officiels de l’éducation nationale en adaptant les méthodes d’enseignement à chaque enfant. « Pour qu’un enfant apprenne une nouvelle table de multiplication, on pourra le faire réviser en chantant si cela l’aide, ou en la faisant figurer dans un cadre. D’autres auront besoin de faire des liens avec d’autres tables de multiplications pour s’y retrouver », développe la directrice.

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La pédagogie de son école se base sur la théorie d’Howard Gardner qui part du principe que l’intelligence se divise en plusieurs formes : spatiale, musicale-rythmique, verbo-linguistique… : « Lors de nos ateliers, on arrive à voir ce qui permet à chacun d’apprendre au mieux ». Car tous les après-midi, des ateliers pédagogiques sont organisés en art, cuisine, sport, philosophie ou encore soin aux animaux. Le grand espace dont bénéficie l’établissement est alors mis à profit.

 

A l’école Le Mirail, l’apprentissage se fait le matin

« De la maternelle à la terminale, les cours ont lieu de 8h à 14h. Mais attention, le volume horaire total est le même que dans n’importe quelle autre école », explique Gérard Coucharrière, à la tête de l’établissementbordelais depuis dix-huit ans. Dans cette structure privée sous contrat, l’objectif est de permettre aux élèves de bénéficier de leur après-midi pour approfondir ou pour s’investir dans autre chose.

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« On organise des ateliers de théâtre et de cuisine, ils peuvent faire du foot ou de l’escalade, on a même fait un partenariat avec une auto-école ». Cet emploi du temps a été pensé par le directeur qui estime qu’une journée de 8h à 17h est trop longue pour des jeunes. Au total, il accueille 1200 élèves, dont 10 % qui étaient en décrochage scolaire ou en dépression dans une école classique.

« Un jeune qui réussit chez nous a sa propre autonomie. Un autre qui réussit moins a le temps et les outils pour se reprendre », estime Gérard Coucharrière. Car si les classes sont vides chaque après-midi, des professeurs restent pour aider les élèves qui en ont besoin.

Le succès de la pédagogie Montessori au Jardin des Enfants

Lorsqu’elle a créé son école il y a dix-sept ans, Alexia Lefebvre n’avait que trois élèves. Aujourd’hui, ils sont 80, soit l’effectif maximum, et la liste d’attente est longue. Comme partout dans le monde, la méthode Montessori séduit et trouve de plus en plus de reconnaissance. L’établissement bordelais est sous contrat avec l’Etat depuis trois ans.

« On s’occupe individuellement de chaque enfant pour chaque apprentissage. En classe, si un enfant a acquis les additions, on va lui enseigner la soustraction mais de façon individuelle. Tous n’iront pas au même rythme », explique la directrice. Elaborée au début du 20e siècle par Maria Montessori, cette méthode d’enseignement a son propre matériel pour transmettre les savoirs aux enfants.

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« En s’occupant individuellement d’un enfant, on le met en confiance, il n’a pas le regard de l’autre et ne ressent pas la compétition avec l’autre », analyse Alexia Lefebvre. Les classes sont intergénérationnelles : elles vont de 3 à 6 ans et de 6 à 11 ans. Il n’existe pas encore de collège Montessori en Gironde mais à en croire la directrice de l’établissement, l’intégration de ses anciens élèves dans un cursus classique se passe bien.