Bordeaux: Le casse-tête du logement pour les étudiants

IMMOBILIER Les prix de l'immobilier ont augmenté de 7,1% en un an selon une étude...

Laetitia Dive
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Selon l'UNEF, se loger à Bordeaux coûte 468 euros par moi.
Selon l'UNEF, se loger à Bordeaux coûte 468 euros par moi. — Laetitia Dive

Dans cette agence immobilière située aux abords de la place de la Victoire, on propose des studios de 20m2 à 30m2 pour des sommes avoisinant les 500 euros mensuels. Passée la porte, un conseiller raconte comment, depuis quelques jours, les logements partent comme des petits pains : « Les étudiants sont rentrés de vacances, les jeunes travailleurs aussi… Tout le monde cherche un studio début septembre ! ».

Flambée des prix bordelais

En cette rentrée, les futurs locataires font souvent la grimace : Bordeaux a récemment été couronnée ville où les prix de l’immobilier ont le plus augmenté : + 7,1 % en un an selon le classement du site seloger.com. L’inflation concerne en particulier les petites surfaces : « Il est de plus en plus difficile de trouver un studio dans le centre, concède le conseiller immobilier. Et comme il y a beaucoup de demande, les prix flambent ! »

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Selon l’UNEF, il faut compter en moyenne 468 euros par mois pour se loger lorsqu’on est étudiant à Bordeaux. Faute de moyens, certains se salarient. « C’est un fléau, explique Alicia Bienfait, présidente de l’Unef Bordeaux. Etudier doit être un job à temps plein. Ça joue sur le taux d’échec à l’université ». La jeune femme connaît bien ce problème : elle travaillait jusqu’à 20 heures par semaine lors de sa première année de droit, afin de subvenir à ses besoins.

Autre conséquence de la flambée des prix : l’impossibilité, pour certains étudiants, de quitter le domicile familial. Certains prennent ainsi le pari de venir étudier à Bordeaux chaque jour en ayant des temps de trajets très longs : « Certains font parfois une à deux heures de route au quotidien ! », explique la responsable syndicale. Aujourd’hui, l’UNEF demande un encadrement des loyers et plus d’investissement dans les résidences universitaires pour pallier ce problème.

Le choix de la colocation

Les jeunes privilégient donc de plus en plus la colocation, qui permet de réduire les frais. « L’année dernière je vivais seul dans un trou à rat l’année dernière et payais 420 euros ! », raconte Axel, étudiant de 21 ans. Pour cette rentrée, il a décidé de s’installer avec deux copains et cherche actuellement un trois-pièces.

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Sur des sites comme Le Bon Coin ou Appartager, les annonces de colocation se multiplient. Aujourd’hui, certaines associations promeuvent aussi la cohabitation intergénérationnelle : des étudiants viennent vivre chez des personnes âgées moyennant un loyer bon marché. Ce système permet à certains retraités de sortir de l’isolement dans lequel ils se trouvent parfois.

Autre solution : opter pour une simple chambre « chez l’habitant ». Depuis plusieurs années, Véronique loue les chambres de ses aînés, partis étudier à Paris. Le loyer oscille entre 300 et 400 euros selon la chambre choisie. « Cette année, on a posté une annonce sur un seul site. On a eu une vingtaine d’appels. Et notre annonce remontait régulièrement, ce qui signifie qu’elle était très consultée ». Une preuve que les étudiants se tournent de plus en plus vers les particuliers pour éviter les prix parfois dissuasifs des agences.

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