Bordeaux : Les travaux débutent enfin un an après l’effondrement d’un balcon à Ginko

ACCIDENT Les copropriétaires réclament des indemnités à la hauteur des complications provoquées par cet accident…

Clément Carpentier
— 
C'est le balcon en haut à gauche qui est tombé, il y a un an.
C'est le balcon en haut à gauche qui est tombé, il y a un an. — Clément Carpentier

« Enfin, vous êtes là », c’est ainsi qu’une des résidantes de l’immeuble D de l’îlot Saint-Exupéry dans l’écoquartier Ginko à Bordeaux a accueilli les déménageurs ce lundi matin. Ces derniers étaient venus vider les balcons des différents appartements pour commencer les travaux de consolidation.

Des travaux retardés par des tergiversations 

Il y a un peu plus d’un an, le 5 août 2015 précisément, un des balcons de l’immeuble s’effondrait, sans faire de blessés heureusement. Après plus de treize mois de discussions, les choses bougent enfin : « Au départ, le dossier était très complexe mais en plus il y a eu un problème avec plusieurs propriétaires. Ils n’étaient pas d’accord avec l’expert qui recommandait seulement un renforcement des balcons » affirme Citya Immobilier qui gère le syndic. Il a donc fallu organiser une assemblée générale comme la loi le prévoit pour entériner les préconisations de l’expert.

La lettre adressée aux copropriétaires en bas de l'immeuble.
La lettre adressée aux copropriétaires en bas de l'immeuble. - Clément Carpentier

« On aurait pu commencer les travaux bien plus tôt. On a perdu beaucoup de temps sur ce dossier. Dommage ! », ajoute l’agence. Le rapport d’expertise qui a relevé « un défaut de mise en œuvre pour mauvais positionnement des aciers » avait en effet été rendu dès le mois de février 2016. Il y a quelques jours, une autre habitante se confiait sur ce retard à Rue89Bordeaux « Depuis un an, ma famille vit enfermée avec l’incapacité d’ouvrir la baie vitrée et avec une vue sur des étais ».

Des fissures et des taches d’humidité sont apparues 

Les travaux ont donc enfin débuté ce 29 août. Ils devraient durer jusqu’à fin décembre si le calendrier est respecté. Mais depuis l’accident, d’autres inquiétudes sont nées chez les copropriétaires. Plusieurs affirment que des fissures et des taches d’humidité ont fait leur apparition ces derniers mois.



Face à ces nouveaux problèmes, Marie-Pascale Jouanno, directrice régionale Sud Ouest Bouygues Immobilier se veut rassurante : « S’il y a le moindre souci, on propose une solution. Cela fait l’objet de réparations et/ou de dédommagement avec une procédure d’assurance. »

La guerre des indemnités 

Des assureurs qui risquent d’avoir beaucoup de travail dans les prochaines semaines. Maintenant, la question des indemnités après cet accident spectaculaire et rare se pose. En tout dans cet immeuble D, une dizaine de balcons qui vont devoir être consolidés.

Pendant un an, des consolidations temporaires étaient installées.
Pendant un an, des consolidations temporaires étaient installées. - Clément Carpentier

Selon Marie-Pascale Jouanno, il y aura des indemnités pour les préjudices matériels et immatériels. Des propositions vont être faites aux copropriétaires d’ici début octobre : « Des calculs seront effectués à partir de cotes notamment sur la privation de jouissance des balcons. »

Les copropriétaires qui vont aussi « se battre pour que soient reconnus les préjudices psychologiques que nous subissons tous les jours, l’anxiété, la perte de valeur de nos appartements ». En effet, certains n’ont pas pu relouer leur bien à cause de l’accident. Les pertes peuvent donc être considérables. Là aussi, Bouygues Immobilier affirme qu’il y aura des indemnités. Les copropriétaires espèrent que ces paroles seront suivies d’actes d’ici la fin de l’année. Pour reprendre enfin une vie normale.