Mérignac: La Fonderie des Cyclopes, la success story d'artisans à l'ancienne

ECONOMIE La Fonderie des Cyclopes à Mérignac a obtenu le label «Entreprise du Patrimoine Vivant». Elle produit depuis plus de 20 ans des sculptures en bronze... 

Clément Carpentier

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Un salarié prépare la sculpture avant de couler le bronze.
Un salarié prépare la sculpture avant de couler le bronze. — Clément Carpentier

Martine Pinville ne veut plus sortir de l’atelier de Nicolas Durand et Fréderic Michel. La secrétaire d’Etat chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Economie sociale et solidaire se plaît bien dans la Fonderie des Cyclopes. Depuis plus d’une heure, elle écoute religieusement les deux patrons et leurs salariés parler de leur passion pour les sculptures en bronze.

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Toute la chaîne de création. De la sculpture neutre de l'artiste à celle en bronze.
Toute la chaîne de création. De la sculpture neutre de l'artiste à celle en bronze. - Clément Carpentier

Il faut dire qu’il y a de quoi être impressionné au regard du travail de cette équipe. Un travail reconnu aujourd’hui avec le label « Entreprise du patrimoine vivant ». La récompense de 20 ans de passion.

Tout avait commencé à Nancy mais très rapidement les deux Lorrains décident de s’installer en Gironde. « Il y avait beaucoup trop de concurrence là-bas, et puis ici, il y a beaucoup de châteaux, donc des gens de goût et qui ont un peu d’argent », souligne Frédéric Michel.

Un savoir-faire unique 

Avec son associé Nicolas Durand, il s’installe à Libourne. Les deux hommes se mettent à embaucher une personne chaque année pendant près de 10 ans. En 2013, il faut s’agrandir comme l’explique Frédéric Michel : « On avait un peu d’argent de côté et surtout on voulait un vrai local de travail. Ici, c’est un endroit idéal ». Ici, c’est Mérignac. Au fil des années, ils se font aussi un nom. Aujourd’hui des artistes du monde entier frappent à leur porte pour profiter de leur savoir-faire.

Un savoir-faire très recherché. Ils ne sont que 40 en France et l’entreprise girondine fait partie des six qui ont obtenu le label EPV. « On reste ouvert à tout notamment sur l’imprimante 3D mais jamais on achètera un tel matériel, notre force, c’est savoir-faire », rappelle Nicolas Durand. Tout est donc fait à la main à la Fonderie des Cyclopes.

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Le label EPV pas assez valorisé

Mais attention, tout n’est pas non plus rose dans cette entreprise de sculptures en bronze dont la fabrication peut coûter de 50 à 100.000 euros. L’EPV par exemple « n’est pas assez reconnu. Les gens doivent savoir que c’est l’excellence. Cela doit nous ouvrir des portes », affirme Frédéric Michel. Martine Pinville, la secrétaire d’Etat a dit y réfléchir lors de sa visite ce mardi.

Deux salariés s'occupent des finitions sur les sculptures en bronze.
Deux salariés s'occupent des finitions sur les sculptures en bronze. - Clément Carpentier

Autre petit souci, la formation, très difficile. Les deux associés ne peuvent plus prendre d’apprenti. Et puis, « en Europe, il y a très peu d’écoles reconnues. Quand on recrute quelqu’un, il faut le former à notre savoir-faire », note Nicolas Durand.

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Un concours pour découvrir le métier 

En tout cas, l’entreprise se porte très bien. Le carnet de commandes est bien rempli. La Fonderie des Cyclopes va au passage lancer un concours de sculptures (le Prix Chrysalide), une première en France. Un sculpteur se verra offrir une formation et surtout son œuvre sera exposée dans une galerie à Bordeaux et Nice pendant un an.