« La douleur, une maladie à part entière »

Recueilli par O. Dupont - ©2007 20 minutes
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Laurent Labrèze

Médecin algologue dans l'unité de traitement de la douleur à l'Institut Bergonié.

Dans le cadre de la Journée mondiale de la douleur, vous avez ouvert au public les portes de l'institut, pour la première fois hier. Pourquoi ?

On voulait informer les patients et le grand public que la douleur ? en cancérologie, notamment ? est un vrai problème. Car tous les patients atteints ont plus ou moins mal et, même s'ils sont suivis, leur douleur n'est pas toujours prise en charge. La douleur devient une maladie à part entière qui peut durer plus de dix ans, même après la guérison du cancer.

Quelles sont les méthodes développées à Bergonié ?

Nous avons la chance d'avoir un panel de médicaments très large combiné à des techniques efficaces [psychothérapie, relaxation...]. Nous soulageons 99 % des douleurs. Depuis deux ans, nous avons des consultations d'hypnose, que nous utilisons même pour anesthésier le patient lors de petites opérations. C'est une technique complémentaire intéressante car elle n'est pas chère, n'a pas d'effet secondaire et donne des résultats.

Calmer la douleur permet-elle de mieux soigner le cancer ?

Le cancer perturbe la vie familiale, professionnelle et sociale, et la douleur aggrave ces difficultés. On constate que quand le problème de douleur est levé, les gens revivent. Ils se prennent mieux en charge et sont plus battants pour recevoir la chimiothérapie et les autres traitements.