Bordeaux: Les commerçants n'en peuvent plus des poubelles

SOCIETE La Chambre de commerce et d'industrie a fini par louer un camion pour assurer le ramassage dans le quartier Saint-Pierre... 

Clément Carpentier

— 

Un camion poubelle d'une société privée a assuré le ramassage ce mercredi.
Un camion poubelle d'une société privée a assuré le ramassage ce mercredi. — Clément Carpentier

Les détritus jonchent encore le sol mais les poubelles sont bien vides. Une image que l’on avait plus vue dans le centre-ville de Bordeaux depuis 10 jours et le début de la grève des éboueurs. Un camion poubelle est enfin passé ce mercredi et il était temps pour Joël, restaurateur dans le quartier Saint-Pierre : « On n’a pas arrêté d’appeler la mairie et la CCI. On a eu droit à des réflexions des clients notamment étrangers. La situation devenait intenable ».

>> A lire aussi : Les poubelles débordent de partout

Une société privée à la rescousse

Avec ses collègues, ils ont finalement été entendus. Il faut dire que dans ce quartier très fréquenté, les restaurants s’empilent les uns après les autres. Comme le dit Jean-Louis David, chargé de la vie urbaine et de la sécurité « ça ne pouvait rester en l’état. Les odeurs sont de plus en plus fortes, on nous signale même la présence de rats ». Alain Juppé, qui dit « ne plus reconnaître sa ville », a donc donné son accord pour faire appel à une société privée.

Le camion poubelle est passé uniquement dans le quartier Saint-Pierre
Le camion poubelle est passé uniquement dans le quartier Saint-Pierre - Clément Carpentier

Pour ce premier camion, c’est la Chambre de commerce et d’industrie qui a mis la main à la poche. C’est 1.000 euros la journée pour un camion. Ce ramassage est « une bonne nouvelle » pour Joël qui passe des seaux d’eau de javel tous les matins sur son trottoir mais « il va falloir repasser très vite si la grève continue car il va y avoir encore un match de l’Euro ce week-end (Allemagne-Italie, samedi à 21h) ».

>> A lire aussi : Ramassage des poubelles dans le centre, malgré la grève des éboueurs

15 jours pour un retour à la normale ?

La mairie a d’ores et déjà annoncé qu’elle voulait multiplier les camions pour nettoyer toute la ville et pas seulement certains quartiers. Des bennes fixes ont aussi été installées au Grand Parc, à Ginko et aux Aubiers. Jean-Louis David affirme que « la dégradation est telle, qu’il va falloir au moins 15 jours pour retrouver une ville propre ».

Malgré le passage du camion poubelle, les rues restent très sales.
Malgré le passage du camion poubelle, les rues restent très sales. - Clément Carpentier

Si les poubelles ont été vidées ce mercredi, les rues, elles, sont toujours aussi sales avec la grève des agents de la propreté. Et ce ne sont pas, les 40 saisonniers, qui vont réussir à tout nettoyer. Face à cette situation, Alain Juppé a décidé de jouer la carte de la fermeté et a pris un arrêté d’insalubrité en demandant à la Métropole de trouver les solutions rapidement au vu des risques sanitaires.

>> A lire aussi : La grève des éboueurs s'enlise et les poubelles s'entassent

Les grévistes sont « très remontés »

Cette décision de sous-traiter le ramassage des poubelles a évidemment fait bondir les syndicats qui parlent de « provocation ». En réponse, ils ont décidé de bloquer trois dépôts d’incinération pendant plusieurs heures ce mercredi. Finalement, un huissier a fait casser les chaînes pour permettre aux camions de vider leur benne. Alors que Jean-Louis David « appelle la Métropole et les grévistes à négocier », ces derniers ont prévu de manifester ce jeudi pour faire entendre leur colère.