Procès du meurtre d'Alexandre Junca: Le septuagénaire accusé de l'avoir démembré nie tout

JUSTICE Claude Ducos, a nié sa participation au meurtre du jeune Alexandre Junca en 2011à Pau. Son corps avait été retrouvé démembré...

E.P. avec AFP

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Lorea Chipi et Josy-Jean Bousquet, les avocats de Claude Ducos jugé pour complicité dans le meurtre d'Alexandre Junca. AFP PHOTO / IROZ GAIZKA
Lorea Chipi et Josy-Jean Bousquet, les avocats de Claude Ducos jugé pour complicité dans le meurtre d'Alexandre Junca. AFP PHOTO / IROZ GAIZKA — AFP

Il nie en bloc. Claude Ducos, septuagénaire accusé d’avoir démembré le corps d’Alexandre Junca, collégien tué en 2011 pour son portable, a nié mercredi devant la cour d’assises de Pau toute participation dans ce crime malgré les accusations du principal prévenu de l’affaire, qui a reconnu avoir porté les coups mortels.

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« C’est absolument faux ! », a protesté Claude Ducos, 76 ans, jugé depuis mardi avec trois coaccusés pour le meurtre de l’adolescent de 13 ans. Il est soupçonné d’avoir aidé le principal accusé, Mickaël Baehrel, son amant occasionnel à qui il donnait de l’argent, des cigarettes et de la nourriture en échange de fellations, à faire disparaître le corps de la victime en le découpant.

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Baehrel, SDF de 30 ans, a reconnuau premier jour du procès avoir porté à Alexandre Junca, le 4 juin 2011 au soir, les coups de marteau mortels, sans pouvoir expliquer précisément pourquoi. Et il assure que Claude Ducos, appelé au secours, est venu dès le lendemain avec sa voiture pour emporter le cadavre.

Des restes du corps découverts dans la rivière 

Quelques jours plus tard, Claude Ducos reviendra chercher Baehrel, l’emmenant vers la rivière de Pau « pour aller cacher le corps, en morceaux dans des sacs plastiques. Je ne savais pas qu’il l’avait démembré », a affirmé Baehrel.

Malgré d’intenses recherches, plusieurs semaines s’étaient écoulées entre la disparition du collégien et la découverte de son corps : d’abord un fémur fin juin, puis d’autres restes en octobre.

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Face à ces accusations et aux questions pressantes du président François Bobille qui s’acharne à souligner ses incohérences et contradictions, Claude Ducos s’est muré dans un déni systématique.

Oui, il « donnait la pièce » à Baerhel en échange de relations sexuelles. Mais « on n’a jamais fait de sexualité. De la fellation, pour moi c’est pas pareil… », rétorque l’ouvrier retraité, alerte physiquement et mentalement malgré ses 76 ans.

Pourquoi avoir mis à la casse sa voiture ?

Son portable et celui de Baerhel localisés à des endroits correspondant à l’affaire ? « Si on passait par là… », répond-il.

Pourquoi avoir mis à la casse la voiture qui aurait servi à transporter le cadavre, puis racheté exactement le même modèle pour l’équiper des plaques de la précédente ? La courroie de transmission avait cassé et il voulait éviter de payer la nouvelle carte grise, soutient Ducos avec aplomb.

« Chasseur depuis toujours », comme le note le président, Claude Ducos affirme pourtant n’avoir jamais éviscéré ou découpé du gibier, et dit même ignorer pourquoi on procède de la sorte.

« Pour l’odeur », insiste le président, soulignant que les viscères d’Alexandre n’ont jamais été retrouvés, pas plus que ses parties génitales : « Tout ce qui pouvait sentir mauvais ! »

« Je ne l’ai jamais vu, ni vivant ni mort », lâche le retraité pour toute réponse.