Procès du meurtre d'Alexandre Junca: Le garçon était le « clown de la famille »

JUSTICE L'enquêtrice de personnalité a dressé le portrait d'Alexandre Junca, 13 ans, qui a été tué à coups de marteau et dont le corps a été retrouvé démembré à Pau, en 2011...

E.P. avec AFP

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Valerie Lance,la mère d'Alexandre Junca, tient la main de son avocate Pierrette Mazza-Capdevielle.
/ AFP PHOTO / IROZ GAIZKA
Valerie Lance,la mère d'Alexandre Junca, tient la main de son avocate Pierrette Mazza-Capdevielle. / AFP PHOTO / IROZ GAIZKA — AFP

La famille d'Alexandre Junca, tué en 2011 à l'âge de 13 ans, en rangs serrés, a pris place dans la salle d'audience petite mais comble. La mère Valérie Lance a les yeux rougis. « Il faut qu'elle soit forte pendant ces dix jours, et elle le sera. Elle attendait ce moment», a déclaré Me Pierrette Mazza-Capdevielle, avocate de la mère. Le père, Philippe Junca, serrant fort la main de la soeur d'Alexandre, Virginie.

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Alexandre, 13 ans, avait disparu le soir du 4 juin 2011, près de chez son père, dans le centre de Pau. Malgré d'intenses recherches, trois semaines s'étaient écoulées avant la découverte de son corps, démembré: d'abord un fémur fin juin, puis d'autres restes en octobre.

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Les aveux de Mickaël Baerhel

Arrêté en 2013, Mickaël Baerhel avait avoué en garde à vue avoir assené les coups de marteau mortels à Alexandre. Puis Christophe Camy, dénoncé, avait reconnu être l'auteur du vol du portable. Mais le rôle joué par chacun dans le crime reste encore flou, ainsi que le sort exact du corps, dans les heures et jours qui suivirent l'agression. Des jours de traumatisme pour la ville de Pau, où une marche blanche avait réuni plus de 4.000 personnes.

Les quatre accusés, tour à tour, ont assuré au président François Bobille qu'ils répondraient à ses questions: « J'ai toujours assumé mes actes (...) je répondrai à vos questions », a déclaré le principal accusé, Mickael Baehrel, d'une voix ferme.

L'émotion dans la salle d'audience s'est muée en silence de sépulcre lorsque le président Francis Bobille a procédé au rappel des faits, aux coups potentiellement létaux, au corps démembré, déposé pour parties sous les gravats d'une digue provisoire le long du Gave (la rivière) de Pau.

Dans les rangs des accusés, les yeux de Mickael Baehrel s'abaissaient au fur et à mesure. Dans la salle, une jeune fille s'est trouvée mal, et a dû être évacuée. Les parents, eux, restaient stoïques, se tenant la main.

Un « petit gars qui a la pêche »

Mais ils ont souffert, des larmes glissant sur les joues, lorsque l'enquêtrice de personnalité a retracé le portrait d'Alexandre, enfant vif, jovial, le « clown de la famille », un « petit gars qui a la pêche », charmant, beau gosse, aimé des copains, et des filles. Et puis ce portable, offert à Noël après de bons résultats scolaires. Ce portable « très précieux pour lui », qui sera au coeur de l'agression mortelle.

« Je veux juste la vérité. J'espère que ce débat le permettra », dira le père d'Alexandre, appelé à la barre pour parler de son fils. « Nous on a pris perpétuité », appuiera la mère, tremblante, incapable de se recueillir sur la tombe « car elle ne peut imaginer allongé dedans » son fils démembr. 

Dans son box, Christophe Camy pleure en l'entendant.

La Cour devait se livrer à l'interrogatoire des accusés mardi après-midi puis mercredi, avant d'entendre les enquêteurs de police