Aquitaine: Une société minière s'intéresse au Limousin et inquiète les habitants

SOCIETE Un permis exclusif de recherche a été délivré à la société SAS Cordier Mines sur 300 km2 principalement en Limousin. L'association Stop Mines 87 rappelle notamment les pollutions provoquées par les anciennes exploitations minières installées sur le territoire...

Elsa Provenzano

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Le 2e site d'extraction de l'or de Salsigne, près de Carcassonne. Un siècle d'extraction de l'or a valu à Salsigne la " palme" de
Le 2e site d'extraction de l'or de Salsigne, près de Carcassonne. Un siècle d'extraction de l'or a valu à Salsigne la " palme" de — PASCAL PAVANI / AFP

La SAS Cordier Mines s’intéresse au Limousin, secteur dans lequel il existait plusieurs exploitations aurifères dont la dernière a fermé en 2001. L’entreprise fait une demande de permis exclusif de recherches pour des explorations sur environ 300 km2, pendant cinq ans. Une consultation du public a eu lieu du 4 au 22 mai sur ce permis, une période jugée beaucoup trop courte par l 'association Stop Mines 87.

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Le périmètre sollicité couvre dix communes dont neuf en Haute-Vienne et une en Dordogne. L’engagement financier annoncé par le demandeur s’élève à 4,7 millions d’euros sur une période de cinq ans, selon les informations du site Mineral Info.

« Le permis de recherche ne me dérange absolument pas »

Il y a déjà eu des exploitations aurifères dans le département. La société des mines du Bourneix (SMB), filiale de la Cogema, a ainsi cessé l’exploitation du gisement aurifère de Saint-Yrieix-la-Perche, en 2001. « Il y a eu des points satisfaisants, le fait qu’il y ait de la création d’emplois, du travail pour l’entreprise et des points moins satisfaisants car c’était des carrières à ciel ouvert », estime Daniel Boisserie, maire de Saint-Yrieix-la-Perche. Selon les premiers éléments dont il dispose, le projet serait toutefois exclusivement souterrain en ce qui concerne la SAS Cordier.

« Le permis de recherche ne me dérange absolument pas. Je me suis renseigné et avec ce permis, ils ne peuvent pas aller là où les propriétaires ne sont pas d’accord », assure l’élu local, qui souligne que la société en est au stade de la prospection. Il serait d’accord pour qu’une exploitation soit possible sur sa commune, sous réserve de respecter de l’environnement et les normes en vigueur.

« On nous prend pour des débiles »

« Si on trouve quelque chose, il y a une automaticité pour exploiter », s’insurge de son côté Antoine Gatet, administrateur de l’association Stop Mines 87, pour qui la société « fait semblant de chercher des données qui sont déjà là ».

L’association rappelle que les mines qui ont été fermées sur le territoire l’ont souvent été sans dépollution par la suite, et cite aussi le cas d’un ruisseau qui a été contaminé par de l’arsenic en 1993 en Haute-Vienne. « Comme le cours de l’or est fluctuant, les entreprises laissent tout en plan quand la valeur s’écroule », déplore Antoine Gatet.

« Une mine d’or ce n’est pas une carrière de pierres dans laquelle on trouve des pépites d’or, cela produit beaucoup de déchets. Il faut une usine de concassage et il y a des rejets dans les eaux et dans l’air », détaille l’administrateur de l’association.

A 70 %, l’or est utilisé en joaillerie, le reste étant utilisé en valeur refuge pour confectionner des lingots. « On n’en a pas besoin et cela ne sert en rien l’intérêt général », estime-t-il.