Sud-Ouest: Ils achètent des terrains pour empêcher la construction du futur TGV

SOCIETE Un collectif opposé aux projets de ligne LGV vers Toulouse et Bilbao a révélé avoir acheté des terrains sur le tracé pour bloquer leurs constructions jugées inutiles et ruineuses...

Elsa Provenzano
Bordeaux, 9 janvier 2012. Manifestation de 80 elus du Pays-basque venu protester contre le projet de LGV traversant le Pays basque.  Sebastien Ortola
Bordeaux, 9 janvier 2012. Manifestation de 80 elus du Pays-basque venu protester contre le projet de LGV traversant le Pays basque. Sebastien Ortola — SEBASTIEN ORTOLA

Deux parcelles, de 1.868 m2 ont été achetées en 2011 par la Coordination vigilance LGV Gironde à Landiras, dans le Sud-Gironde, pour bloquer les projets des LGV vers Toulouse et l’Espagne.

C’est l’annonce d’Alain Vidalies de prendre la déclaration d’utilité publique sur le projet GPSO (Bordeaux Toulouse et Bordeaux-Espagne) d’ici le 8 juin « au mépris de nombreux rapports d’experts, de l’avis défavorable de la commission d’enquête », selon la Coordination Vigilance LGV, qui l’a poussé a révélé sa stratégie. Samedi 4 juin, le collectif invite le public à venir s’informer sur le GPSO, sur place, à Landiras, lieu-dit Bel Air.

Des Allemands parmi les copropriétaires

« On s’est inspiré d’actions déjà menées au Larzac, dans la Vallée d’Aspe et dans le Pays basque. C’est un symbole de résistance commune », précise Denise Cassou, porte-parole de la Coordination. Parmi les 140 il y a des membres du collectif bien sûr mais aussi des personnes extérieures opposées au projet. Il y a même des Allemands, soucieux de préserver l’environnement du Sud-Gironde. Ce ne sont pas seulement « les riverains impactés » par le projet, s’agace Denise Cassou.

C’est en 2011 que les terrains ont été achetés « avant l’arrêté préféctoral où toutes les ventes sur le secteur doivent être connues et en même temps le plus tard possible dans le processus de concertation, afin d’avoir le maximum d’informations sur le tracé », explique Denise Cassou. Ils ont acquis en indivision, c’est-à-dire qu’aucun d’entre eux ne pourra vendre de son côté sans l’accord du collectif tout entier. « Sur les deux parcelles de Landiras on est tombé pile. Le tracé passe sur l’une d’elle, et sur l’autre des pistes forestières doivent être aménagées pour la sécurité incendie », se félicite Denise Cassou.

« Une guérilla juridique »

Est-ce que cette action va avoir un réel impact sur le projet ? Pour la Coordination, le premier obstacle au projet sera la question du montage financier, loin d'être réglée. Certes, l’Etat aura la possibilité de faire des expropriations « dans l’intérêt général ». « Ils se donneront les moyens de passer outre mais il va y avoir une guérilla juridique puisqu’il va falloir trouver les 140 propriétaires, souligne la porte-parole. On veut leur compliquer la tâche et leur dire qu’on ne baisse pas les bras. Et, c’est aussi une façon de dire aux citoyens de ne pas se laisser faire ».

« Les études indépendantes montrent qu’on n’a pas besoin de cette LGV et que les possibilités des lignes existantes sont importantes, estime la porte-parole. Les trains utilisés au quotidien pour les trajets domicile travail se dégradent et la SNCF abandonne même certaines dessertes. » Elle dénonce aussi le coût important de ces projets : 9 milliards d’euros à ce stade.

La mise en service de la ligne Bordeaux Toulouse est prévue pour 2024 et celle vers l’Espagne pour 2030.