Sud-Ouest: Après le vide sanitaire, les magrets seront difficiles à trouver cet été

AGRICULTURE Les produits frais fabriqués à base de palmipèdes pourraient ne pas être en quantité suffisante pour les grillades de l'été...

Elsa Provenzano
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Illustration de canards.
Illustration de canards. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le vide sanitaire mis en place progressivement depuis le 18 janvier, laissant ainsi les éleveurs finir leur cycle de production avant de dépeupler leurs exploitations, s’est terminé ce lundi 16 mai. Cinq semaines de vide total ont été opérées pour assainir les élevages, afin de lutter contre le virus de grippe aviaire qui s’est déclaré dans plusieurs exploitations du Sud-Ouest.

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Les canetons et les oisons commencent à être réinstallés dans les 18 départements qui étaient concernés par ce vide sanitaire.

« Il faut encore compter deux mois à deux mois et demi pour recharger toutes les exploitations », explique à l’AFP Dominique Graciet, président de la chambre d’agriculture Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et président de l’entreprise agroalimentaire Delpeyrat. Il y a 3 à 4.000 exploitations dans la région et qui produisent en moyenne 18 millions de canards par an, sur 38 millions au total en France.

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Difficultés pour les produits frais

« Les premiers abattages pourront avoir lieu à la mi-août, puisqu’il faut 4 mois pour élever un canard à foie gras », explique Marie-Pierre Pé, secrétaire du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog). Le consommateur n’aura pas de mal à trouver des produits transformés à base de canards et d’oies mais il aura davantage de difficultés pour les produits frais.

« Cet été, les magrets vont manquer, et la période de juin/juillet est assez importante pour ce produit », pointe Marie-Pierre Pé. Les territoires comme les Pays de la Loire et la Bretagne en France vont être sollicités pour produire un peu plus mais ce sera limité car ils ne disposent pas des installations suffisantes. Les magrets importés de Hongrie et de Bulgarie seront sans doute plus nombreux sur les étals, pour compenser ce manque de production française.

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Sur les 18 départements touchés dans le Sud-Ouest, « il y aura eu un manque à produire de 9 millions de canards pendant les quatre mois de vide sanitaire », soit en valeur « un manque à gagner de 30 % des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel réalisé par la filière foie gras », a précisé Dominique Graciet à l’AFP.

Du foie gras à Noël

Pour les fêtes de fin d’année, le foie gras sera sur les étals mais « avec une tension sur les prix », reconnaît la secrétaire de la Cifog. Cependant, sachant qu’un ménage français consomme en moyenne 450 g de foie gras par an, soit 30 euros environ, elle estime que la hausse ( mesurée) sera « imperceptible ».

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Le ministre de l’agriculture Stéphane le Foll a annoncé que 50 % des pertes enregistrées par les éleveurs-gaveurs devraient être compensées début juin. « La difficulté pour les éleveurs va être de réaliser les investissements pour installer, par exemple, des aires de lavage servant à la désinfection », précise Marie-Pierre Pé.

Si par malheur, une nouvelle crise devait avoir lieu, elle estime que les éleveurs, qui ont été fortement sensibilisés, y seraient beaucoup mieux préparés.