Creuse: Le projet de ferme des 1.000 veaux peut-il être invalidé?

ECONOMIE L'association OEDA (Oui à l'étourdissement des bovins) qui veut faire avorter le projet d'un centre d'engraissement de 1.000 veaux dans la Creuse, relève que l'autorisation d'exploiter (valable seulement 3 ans) a expiré...

Elsa Provenzano

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Illustration de veaux.
Illustration de veaux. — MARCEL MOCHET / AFP

Les opposants au projet d’un centre d’engraissement de 1.000 veaux à Saint-Martial-Le-Vieux, dans la Creuse, n’ont pas dit leur dernier mot. Ils se sont mobilisés le 25 avril dernier, date à laquelle une délégation de l’association Oui à l’étourdissement des bovins (OEDA) avait eu une audience au conseil régional d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC). Les militants ont alors appris qu’une subvention de 325.000 euros avait été votée pour l’unité de méthanisation du site par l’ex région Limousin. L’association, qui représente 800 citoyens, 88 associations, 40 professionnels de santé et 7 vétérinaires, avait alors annoncé qu’elle continuerait à se battre sur le terrain juridique.

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Le 4 mai elle a saisi le préfet de la Creuse puisque l’autorisation d’exploiter délivrée à la SAS Alliance Millevaches le 8 janvier 2013 par la Préfecture de la Creuse n’est valable que 3 ans, selon le code de l’environnement. L’exploitation aurait donc dû ouvrir le 9 janvier 2016, au plus tard.

Une nouvelle enquête publique ?

L’ouverture était annoncée pour ce lundi 9 mai mais le quotidien La Montagne parle d’un « chantier qui avance lentement pour des raisons techniques » et évoque une ouverture prochaine.

L’association estime de son côté que si la loi est appliquée, la société ne devrait pas pouvoir ouvrir le centre d’engraissement et serait contrainte de déposer une nouvelle demande d’autorisation, qui donnerait lieu à une autre enquête publique. Sollicitée par 20 Minutes, la préfecture de la Creuse n’a pas encore souhaité s’exprimer sur ce dossier.

« Nous luttons contre ce projet car il ne respecte ni le bien être animal, ni la santé publique et aura certainement des répercussions sur l’environnement », explique l’association. Elle pointe aussi une filière en faveur de la grande distribution, puisque l’unique client sera la SVA Jean Rozé, la filiale viande d’Intermarché et largement subventionnée par des fonds publics « à hauteur de 1,6 million d’euros sur 1,8 d’investissement total ».