Le financement du Zénith divise

Augustin Arrivé - ©2007 20 minutes

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« Je ne pense pas qu'un nouveau centre commercial de 50 000 m2 soit une bonne chose », confiait Alain Juppé lors de sa rentrée municipale. Voilà pourtant ce qui se profile à Floirac avec le projet Montecristo. A l'origine, il s'agissait de doter l'aggloméra­tion bordelaise d'une salle de spectacle de grande ampleur. Mais ce Zénith de 12 000 places coûte cher : 40 millions d'euros. Pour le financer, Alain Juppé, le maire (UMP) de Bordeaux, préfèrerait faire appel aux crédits publics mais les promoteurs de Montecristo ne l'entendent pas de cette oreille. Seule la juxtaposition d'un grand centre commercial permettrait de rentabiliser la salle, et ce seront aux enseignes de cet espace d'avancer l'argent nécessaire à sa construction. Benjamin De­laux, promoteur du projet via sa société Nouvelles fonctions urbaines, semble déterminé à aller jusqu'au bout, avec ou sans Bordeaux : « Je n'ai pas à prendre en compte les intentions d'Alain Juppé. Nous avons fait une proposition et elle sera débattue ». Monte­cristo sera ainsi examiné dès aujourd'hui par la CUB. Une étude Ifop réalisée début septembre pourrait bien influencer le débat : 91 % des Borde­lais sondés souhaitent un Zénith, et 79 % sont favorables à en trouver le financement dans l'exploitation d'un pôle commercial. Restent les commerçants de Floirac, qui risquent de souffrir de cette concurrence. Benjamin De­laux ne les a pas encore con­tactés, n'ayant négocié qu'avec « de grosses locomoti­ves qui pourront amener leur argent et leur attractivité sur la rive droite ». La moitié des locaux restent à pourvoir.