Affaire Bettencourt: Le Parquet de Bordeaux fait appel dans le procès des écoutes

JUSTICE L'ex majordome de Liliane Bettencourt à l'origine des enregistrements clandestins et cinq journalistes avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Bordeaux le 12 janvier. Le Parquet a fait appel de cette décision...

E.P. avec AFP

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Edwy Plenel (à gauche), discutant avec Pascal Bonnefoy, l'ex majordome.
Edwy Plenel (à gauche), discutant avec Pascal Bonnefoy, l'ex majordome. — GEORGES GOBET / AFP

Le procès des écoutes dans l’affaire Bettencourt n’est peut-être pas terminé. Le parquet de Bordeaux a annoncé ce mardi qu’il faisait appel après la relaxe générale prononcée le 12 janvier, en faveur de l’ex-majordome de la milliardaire et de cinq journalistes.

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L’ex-majordome de l’héritière de L’Oréal, Pascal Bonnefoy, auteur des enregistrements clandestins qui avaient précipité l’affaire, était poursuivi pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » de Liliane Bettencourt.

Le majordome aurait protégé sa patronne 

Il avait été relaxé, le tribunal estimant qu’il n’avait « à aucun moment bénéficié des enregistrements » qu’il avait effectués à l’insu de la milliardaire, en 2009 et 2010, puis remis à la fille de l’héritière de L’Oréal. Le tribunal avait même considéré que son « acte socialement utile » répondait à la « nécessité de protéger » sa patronne.

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Cinq journalistes, Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi de Mediapart, Hervé Gattegno du Point, ainsi que les directeurs de publication des deux médias, Edwy Plenel et Franz-Olivier Giesbert, étaient également poursuivis pour « détention et diffusion de documents portant atteinte à l’intimité de la vie privée ». Plusieurs articles étaient parus dans la presse, en s’appuyant sur les enregistrements captés par Pascal Bonnefoy.

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Ils avaient tous bénéficié d’une relaxe. Le tribunal avait notamment « retenu le caractère sérieux du travail d’enquête et de tri parmi les informations d’ordre privé, et celles relevant de l’intérêt général » effectué par les journalistes du Point. Les conclusions avaient été identiques pour Mediapart, dont les « articles ont participé au débat d’intérêt général et sociétal ».

Des amendes requises par le ministère public

Pendant leur procès en novembre 2015, les prévenus avaient affirmé que les enregistrements clandestins avaient été déterminants pour révéler les abus de faiblesse dont avait été victime Liliane Bettencourt, aujourd’hui âgée de 93 ans et placée sous tutelle. Des peines « de principe » d’au moins 1.500 euros d’amende avaient été requises.

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Aucune demande n’avait été faite pour la partie civile. « Je ne vois pas comment, les parties civiles ayant été bénéficiaires de ce qui a été relayé par la presse, on pourrait aujourd’hui venir jouer les procureurs », avait déclaré Me Benoît Ducos-Ader, avocat de Liliane Bettencourt.

A l’issue du jugement, Edwy Plenel avait souhaité que « le parquet soit beau perdant en ne faisant pas appel ».