Bordeaux: Un quartier entier en construction sur les friches de Bastide-Niel

URBANISME D'ici une douzaine d'années environ, 8.000 nouveaux habitants seront installés dans le quartier Bastide-Niel...

Elsa Provenzano

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Vue de la place du marché.
Vue de la place du marché. — MVRDV

Le top départ a enfin été donné. Fin mars, le dossier de réalisation de la zone d’aménagement concerté (ZAC) Bastide Niel a été approuvé par Bordeaux Métropole.

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Et, une convention de 14 ans a été signée entre l’institution métropolitaine et les aménageurs, qui réunit Bordeaux métropole Aménagement (BMA), Domofrance et Aquitanis.

Vue de la façade sur le quai de Queyries.
Vue de la façade sur le quai de Queyries. - MVRDV

La transformation promet d’être spectaculaire sur cette opération de 160 millions d’euros dont 72 millions d’euros pour les travaux d’aménagement. Sur les 35 hectares consacrés à l’opération Bastide-Niel, on trouve aujourd’hui une majorité de terrains vagues et friches ferroviaires.

Mais d’ici 12 ans environ, 3.400 logements (pouvant accueillir environ 8.000 habitants) vont sortir de terre sur cette ZAC, qui prévoit aussi sa cohorte d’équipements publics sur 15 hectares environ. Deux groupes scolaires, un espace sportif de plein air, une crèche de 60 places, un gymnase et une salle polyvalente sont au programme.

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D’ici 3 ans, les premiers des 140 îlots du projet seront achevés. Des travaux ont été lancés sur ces îlots pilotes et une première phase de réalisations des voiries est en cours. Le projet sur la Caserne Niel porté par Darxin Evolution est, lui, déjà bien avancé.

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« Une très forte proportion de logements sociaux »

« 70 % de l’opération est consacrée aux logements avec une très forte proportion de logements sociaux » souligne Pascal Gerasimo, directeur général de BMA. Au total 3.400 logements vont sortir de terre dont 25 % de logements sociaux en PLUS PLAI (très sociaux), 10 % de logements sociaux PLS (prêt locatif social), 10 % en accession sociale, 10 % en accession modérée et 45 % de logements en accession libre.

Vue des toitures.
Vue des toitures. - MVRDV

Il y aura beaucoup de petits espaces publics répartis sur cette opération : des squares, placettes et parcs. Quelque 1.500 arbres d’essences très variées seront plantés. Les bâtiments ont un plan incliné et seront creusés de différentes façons par les architectes qui auront en charge les 140 îlots.

25.000 m2 de commerces, plutôt de taille modeste sont prévus. Alors que le quartier de la Bastide a dû mal à être attractif pour les petits commerçants, le maire adjoint du quartier Jérôme Siri, pense que ce projet peut changer la donne. « On va pouvoir atteindre une masse critique avec des projets comme celui-là », estime-t-il.

Un pendant « contemporain » à la ville de pierre 

Winy Maas, architecte-urbaniste-coordonnateur de la ZAC et cofondateur de l’agence MVRDV, implantée à Rotterdam aux Pays-Bas, le promet, il sera possible aux habitants de ce quartier d’accéder à des services dans un rayon de 200 mètres autour de son domicile, sans prendre sa voiture. L’ambition du projet est de réussir à ce que la part modale de la voiture soit de 20 % sur le quartier. Les déplacements y seront limités à 20 et 30 km/h et 4.000 places de parking en silo seront aménagées.

Vue d'une rue côté avenue Abadie.
Vue d'une rue côté avenue Abadie. - MVRDV

« La grande force de ce projet est de donner une réponse contemporaine à la ville historique. On va la retrouver adaptée avec de nouveaux besoins (terrasses, ensoleillement, ruelles, etc.) avec à peu près la même densité que la ville de pierre », relève Elisabeth Touton, adjointe au maire en charge de l’urbanisme. « C’est un update d’un urbanisme classique », confirme Winy Maas. L’architecte a insisté sur la pertinence d’une passerelle installée à hauteur des Quinconces qui rejoindrait la rive droite, estimant que la ville ne possède pas assez de ponts.

Une zone ferroviaire appartient encore à Sncf Réseaux 

Sur le périmètre de l’opération, il y a encore une zone ferroviaire de 3 hectares qui appartient à Sncf Réseaux. Les premières négociations, qui concernent également l’emprise ferroviaire sur Brazza, ont démarré en 2006/2007 et viennent de reprendre. La zone ne répond plus à aucune fonctionnalité. « Et, il n’y a pas encore de problème de prix car on n’en a pas encore proposé. Je n’imagine pas que d’ici 2 ans, le transfert foncier ne soit pas réalisé », a commenté Pascal Gerasimo.