Supermarché coopératif à Bordeaux: « Ce n'est pas un projet bobo mais social »

CONSOMMATION Un supermarché coopératif, c'est-à-dire dans lequel les membres travaillent 3 heures par mois et peuvent faire leurs courses à moindre prix, va ouvrir sur Bordeaux mi 2017...

Elsa Provenzano

— 

Les membres de l'association Supercoop Bordeaux dans leurs locaux à Bègles.
Les membres de l'association Supercoop Bordeaux dans leurs locaux à Bègles. — Les amis de supercoop Bordeaux

Prendre des parts dans un supermarché local et faire vos courses moins cher, en profitant de produits régionaux de qualité, ça vous intéresse ? C’est en tout cas le pari des amis de Supercoop, une association Bordelaise qui a été créée il y a un an environ à Bègles.

>> A lire aussi : VIDEO. Bordeaux: Un supermarché coopératif, où clients et employés ne font qu'un, ouvre fin 2016

Anne Monloubou est à l’origine du projet Supercoop Bordeaux, après avoir échangé avec une amie qui vit à New York et qui est investie dans le Park Slop Coop Food, installé à Brooklyn depuis 1973. Elle a passé deux semaines sur place, pour comprendre comment fonctionnait ce lieu, dans l’objectif de le dupliquer dans la métropole Girondine. L’exemple New-Yorkais est un modèle pour tous les supermarchés coopératifs qui fleurissent partout dans les grandes villes françaises.

« Les membres travaillent 3 heures par mois à la caisse, à la mise en rayon, à la réception des produits et à l’entretien et ainsi la structure fait des économies sur le fonctionnement », explique Anne Mouloubou. Un dispositif qui permet de proposer des coûts réduits sur des denrées locales, biologiques ou pas. « Ce sont des produits de qualité, habituellement accessibles seulement aux gens qui ont les moyens », précise-t-elle.

Les membres pourront faire 80 à 90 % de leurs courses à Supercoop

Le supermarché de Brooklyn compte 17.000 membres et 70 salariés. Pour l’instant l’association Bordelaise qui porte le projet rassemble 490 adhérents et a calculé que le supermarché serait rentable à partir de 1.200 participants. « On estime que les membres pourront faire 80 à 90 % de leurs courses au sein du supermarché », précise Anne Mouloubou. Il pourra alors employer 5 salariés pour la gestion des approvisionnements, des plannings et la comptabilité. Tous les 300 adhérents, une nouvelle création d’emploi est possible.

Parmi les adhérents, « des retraités, des chômeurs des étudiants et des actifs et une grosse majorité de femmes, environ les deux tiers. Des gens aux revenus très modestes en font partie, ce n’est pas un projet bobo mais social », souligne Anne Mouboulou. Un groupement d’achat a déjà été créé au sein de l’association et permet aux adhérents de choisir des produits en ligne, sur le site de l’association. Ils retirent leurs achats deux fois par mois. Une vingtaine de producteurs de la région Aquitaine travaillent déjà avec l’association, donnant accès à environ 400 références.

Ouverture mi-2017

Au départ, le supermarché devait ouvrir fin 2016 mais l’association parle à présent plutôt de mi-2017, notamment parce que trouver un lieu d’installation n’est pas facile. Elle cherche un local de 500 à 1.000 m2 dans des quartiers de Bordeaux-Sud comme Saint-Michel, Les Capucins, la Gare Saint-Jean ou Belcier. La mise en service du pont Jean-Jacques Bosc en 2020 et la proximité de l’autoroute ont en partie orienté ce choix. « C’est un peu dommage car nous ne sommes pas dans le bon timing. Il y aura du foncier disponible sur ce périmètre Euratlantique en 2019/2020 », regrette Anne Mouloubou.

>> A lire aussi : Pour faire ses courses au supermarché La Louve, il faudra aussi y travailler

Des échanges très nourris existent entre le projet Bordelais et celui de la Louve, à Paris, qui est le plus avancé en France.

La prochaine réunion d'information sur le projet a lieu à 18 h 30 à la résidence Rosa Parks, à Bordeaux Sud.