Bayonne: Mis en cause pour des faits de pédophilie, le prêtre anime une journée pour adolescents

EGLISE Le prêtre du diocès de Bayonne mis en cause pour des faits de pédophilie dans les années 1990, a été invité à une Journée diocésaine pour des collégiens...

M.B. avec AFP

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Prêtre, illustration.
Prêtre, illustration. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le prêtre du diocèse de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) mis en cause pour des faits de pédophilie remontant à 1990 avait animé le 6 février 2016 une Journée diocésaine organisée pour des collégiens mineurs, a indiqué jeudi l'évêché, interrogé sur ce point par l'AFP.

Mercredi, dans une lettre à ses « chers diocésains » rendue publique, l'évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, Mgr Marc Aillet, avait encore affirmé que le prêtre, l'abbé Jean-François Sarramagnan, n'avait « pas de responsabilité directe auprès d'enfants et de jeunes. »

« Des consignes claires: jamais en contact direct avec les enfants »

Jeudi, l'évêché a précisé, en réponse à l'AFP et avant une conférence de presse de l'évêque en début d'après-midi: « Oui, il était à cette journée du 6 février à Salies-de-Béarn comme dans tous les événements diocésains organisés. Il y était dans le cadre de ses fonctions, des fonctions attribuées de manière contrôlée par Mgr Aillet. Avec des consignes claires, jamais en contact direct avec les enfants, toujours sous la responsabilité du directeur diocésain de l'enseignement catholique, Jean-Marc Aphaule, et de plus encadré par des adultes du diocèse, des laïcs comme des prêtres. »

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Dans l'invitation à cette Journée diocésaine, sur le thème « Avance au large », que l'AFP s'est procurée, l'abbé Sarramagnan est le seul écclésiastique cité comme contact des élèves de 4e et 3e.

Pas de signalement jusqu'en 2016

La mère d'une victime, un neveu du prêtre, adolescent en 1990, a déposé une plainte auprès du parquet de Clermont-Ferrand, où la famille réside aujourd'hui.

Après le dépôt de cette plainte - qui remonte selon Mediapart à septembre 2015 -, Mgr Aillet avait suspendu l'abbé Sarramagnan de toute fonction écclésiastique et signalé les faits au Parquet de Bayonne, dans une lettre datée du 15 avril.

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Jeudi, toujours en réponse à l'AFP, l'évêché a précisé que Mgr Aillet n'avait pas signalé les faits de pédophilie, dont il avait connaissance depuis 2009, parce que, jusqu'à présent, « la famille n'avait pas déposé plainte. » Toutefois, depuis 2000, l'Eglise catholique recommande, soit d'obtenir du prêtre concerné qu'il se dénonce, soit le signalement à la justice.

Un évêque connu pour ses positions conservatrices

Ainsi, l'évêque soulignait-il mercredi dans sa lettre aux fidèles que, « depuis le début des années 2000, l'Eglise de France a pris la pleine mesure du drame de la pédophilie et s'est engagée à collaborer avec la justice dans les affaires douloureuses où des prêtres sont impliqués. »

Mgr Marc Aillet, âgé de 58 ans, connu pour ses positions conservatrices et qui mène une croisade contre l'avortement, s'est décidé à saisir la justice le 15 avril, soit trois jours après la conférence des évêques de France, le 12 avril, sur la thématique ultra-sensible des cas de pédophilie en son sein.